Michèle Bouchard
Collaboration spéciale
Elodie Bouchard
Collaboration spéciale
Le marché immobilier montréalais a connu un mois de juillet 2025 particulièrement dynamique. Avec 3731 transactions résidentielles, les ventes ont bondi de 10% par rapport à l’an dernier, atteignant leur plus haut niveau depuis le boum de la pandémie en 2021. «La hausse des prix demeure, mais elle ralentit légèrement», observe Hélène Bégin, économiste à l’APCIQ. Le prix médian des maisons unifamiliales a progressé de 7% en un an, un rythme moins soutenu que les 10% enregistrés au début de 2025.

La surenchère, encore là mais plus discrète
Les acheteurs montréalais n’ont pas complètement dit adieu aux offres multiples. Pour qu’une vente soit considérée comme une surenchère, plusieurs offres doivent être présentées en même temps et la propriété doit être vendue plus haute que le prix initialement demandé.
En juillet, seulement 11% des vendeurs ont réussi à obtenir un tel résultat. Une proportion similaire à celle de 2024, signe que la surenchère demeure présente mais beaucoup moins généralisée qu’il y a quelques années.
Montréal résiste mieux que Toronto et Vancouver
Alors que Toronto et Vancouver ont vu leur marché ralentir ce printemps, sous l’effet des tensions commerciales et de la montée de l’offre, Montréal a continué d’afficher une activité soutenue.
«L’offre a explosé dans ces deux marchés au moment même où la demande fléchissait. Même si un regain se profile, Toronto et Vancouver restent plus vulnérables qu’à Montréal à un affaiblissement de la conjoncture», souligne Hélène Bégin.
La métropole québécoise n’est toutefois pas à l’abri des vents contraires: le taux de chômage est passé de 6,5% à 7% depuis le début de l’année.
Une relative «abordabilité»
Si Montréal attire toujours les acheteurs, c’est aussi parce que ses prix demeurent moins élevés que dans les autres grands centres canadiens. Selon la Banque Nationale, la métropole québécoise conserve un meilleur niveau d’accessibilité, même comparée à des villes de taille moyenne comme Calgary ou Ottawa.
Mais à l’échelle nationale, les marchés immobiliers restent historiquement inabordables: revenus des ménages sous pression, prix élevés et taux hypothécaires plus lourds que jamais.
Et maintenant, les taux?
Les emprunteurs devront composer avec des conditions financières serrées. La Banque du Canada a gelé son taux directeur lors de ses trois dernières décisions, freinant toute baisse des taux variables.
De leur côté, les taux fixes évoluent au gré des marchés obligataires, qui continuent de pousser les prêts hypothécaires de 3 à 5 ans à la hausse.
En bref, Montréal conserve pour l’instant une longueur d’avance sur les autres grandes villes canadiennes, mais le ralentissement économique et la pression des taux d’intérêt pourraient rebattre les cartes d’ici la fin de l’année.
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