Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

Je lis plusieurs articles qui se contredisent. Certains disent que la situation locative s’améliore, d’autres non. Soyons très clairs, la crise du logement au Québec continue de toujours de peser lourdement sur les locataires. D’ailleurs, une étude récente publiée en novembre 2025, menée par Léger pour l’organisme Vivre en Ville, révèle qu’un locataire sur cinq dans la province a eu de la difficulté à payer son loyer au cours de la dernière année, soit plus de 700 000 personnes concernées.

© Susan Moss – Tourisme Montréal

Chiffres alarmants

Le sondage, réalisé auprès de 5 506 locataires âgés de 18 ans et plus entre le 27 août et le 18 septembre 2025, indique que 21% des locataires ont eu du mal à payer leur loyer. À Montréal, cette proportion atteint 25%, soit un locataire sur quatre. La tranche d’âge des 35 à 54 ans est particulièrement touchée: près de 31% d’entre eux éprouvent des difficultés financières malgré leur activité professionnelle et la présence de familles à charge.

Une hausse significative des loyers

La moyenne des loyers au Québec a augmenté de manière notable: plus de 150$ par mois depuis 2023, ce qui représente environ 1800$ supplémentaires par année pour un même logement. Un problème qui s’y joint est les salaires qui ne suivent pas. Avant le 1er juillet 2025, le loyer moyen s’élevait à 1074,80$ par mois, soit une hausse de 73$ comparé à l’année précédente. 

L’accès à la propriété se fait plus rare

Cette crise freine également les ambitions d’accession à la propriété. Seuls 22% des ménages locataires envisagent d’acheter une maison, une baisse significative par rapport à 2023. C’est la mise de fonds qui rend l’accès difficile et souvent les parents vont devoir contribuer à ce montant. À Montréal, 71% des locataires estiment ne pas avoir les moyens d’accéder à la propriété, illustrant l’écart croissant entre les coûts du marché et les revenus disponibles.

Un marché locatif national en mutation

En fait, ce qui se confond souvent est la différence entre Québec et le reste du Canada. Au Canada, dans plusieurs grandes villes, les loyers ont commencé à se stabiliser ou à baisser légèrement, notamment à Vancouver et à Toronto, grâce à une offre accrue et à un ralentissement démographique. Cependant, malgré ces signes d’adoucissement, les coûts restent supérieurs aux niveaux d’avant la pandémie, et de nombreux locataires ne ressentent pas encore de réelle amélioration.

Vers des solutions durables?

La crise du logement demeure un sujet central des débats politiques et sociaux. Pour l’instant, des centaines de milliers de Québécois continuent de subir la pression d’un marché dont les coûts ont largement dépassé leurs moyens. Les experts et organismes communautaires plaident pour des mesures structurelles, incluant un meilleur encadrement des loyers, un accroissement de l’offre de logements abordables et des politiques favorisant l’accès à la propriété pour les ménages à revenu moyen et faible.

Bannière principale: © Susan Moss – Tourisme Montréal

Contact:
mbouchard@sutton.com ebouchardimmo@gmail.com • mbouchard.ca

 

À propos de l'auteur

Michèle Bouchard

Laissez un commentaire

Facebook
X (Twitter)
YouTube
LinkedIn
Instagram
Tiktok