Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

Depuis quelques mois, le marché des copropriétés dans la région de Montréal montre certains signes de ralentissement, alors que les maisons continuent d’être très attrayantes pour les acheteurs. Après plusieurs années marquées par une forte demande et des conditions très favorables aux vendeurs, le marché semble graduellement se rééquilibrer, particulièrement dans le segment des condos.

Une tendance notable concerne l’écart grandissant entre le prix des condos neufs et celui des unités existantes

Les nouvelles constructions sont devenues beaucoup plus coûteuses à développer en raison de la hausse des coûts de construction, de la main-d’œuvre et du financement des projets. Dans notre métier, il est très clair que le prix au pied carré des condos neufs se situe souvent bien au-dessus de celui des unités sur le marché de la revente.

Pour plusieurs acheteurs, cette réalité change la façon d’aborder l’achat d’une propriété. Plutôt que de se tourner vers un projet neuf, plusieurs privilégient maintenant des copropriétés déjà construites, qui offrent souvent un meilleur rapport qualité-prix et une disponibilité immédiate. 

De plus, dans les copropriétés neuves, l’adage «qui se ressemble s’assemble» est souvent très juste, puisque la variation au niveau du design, de la superficie et des finis d’un condo neuf à l’autre est généralement assez limitée.

Cette situation a également un impact direct sur les promoteurs immobiliers

Dans certains cas, il devient plus difficile de lancer de nouveaux projets puisque les prix nécessaires pour rentabiliser les constructions dépassent la capacité financière de nombreux acheteurs. Cela contribue à ralentir l’arrivée de nouveaux projets de condos sur le marché.

Du côté du marché de la revente, l’offre plus importante dans certains secteurs donne davantage de choix aux acheteurs. Plusieurs d’entre eux prennent maintenant le temps de comparer les propriétés, de visiter plusieurs unités et, dans certains cas, de négocier davantage les conditions de leur achat. Nous ne sommes clairement plus dans une situation de surenchère.

D’ailleurs, selon les données publiées par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), les nouvelles inscriptions ont augmenté de 19%, tandis que les ventes ont diminué d’environ 6%.

Cela ne signifie pas pour autant que la demande disparaît. La copropriété demeure une option importante pour plusieurs acheteurs, notamment pour les premiers acheteurs ou pour ceux qui souhaitent accéder à la propriété dans des secteurs centraux où les maisons unifamiliales sont beaucoup moins accessibles. Le marché des condos continue donc de jouer un rôle clé dans l’écosystème immobilier montréalais. Toutefois, la réalité actuelle pousse davantage d’acheteurs vers le marché de la revente plutôt que vers les constructions neuves.

Dans l’ensemble, ces tendances indiquent que le marché entre dans une phase de stabilisation. Les acheteurs bénéficient d’un peu plus de marge de manœuvre, tandis que les vendeurs doivent parfois ajuster leurs attentes pour s’adapter à un environnement plus compétitif. Pour les acheteurs comme pour les vendeurs, comprendre ces dynamiques demeure essentiel afin de prendre des décisions éclairées dans un marché immobilier qui continue d’évoluer.

Contact:
mbouchard@sutton.com ebouchardimmo@gmail.com • mbouchard.ca

 

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