Michèle Bouchard
Collaboration spéciale
Elodie Bouchard
Collaboration spéciale
Le marché immobilier résidentiel du Québec amorce l’année 2026 dans un contexte de transition, marqué par un retour progressif à l’équilibre après plusieurs années de forte volatilité. Selon les plus récentes analyses de l’APCIQ, les indicateurs démontrent une activité soutenue, mais plus nuancée, tant du côté des ventes que des prix.

D’abord, l’activité transactionnelle montre des signes de stabilisation. En février 2026, 8266 ventes ont été enregistrées au Québec, soit une légère baisse d’environ 2% par rapport à l’année précédente. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où les marchés tentent de retrouver un rythme plus normal après les fluctuations post-pandémiques. À l’échelle mensuelle, certaines régions affichent toutefois une reprise : en mars 2026, la région de Montréal a enregistré 5045 transactions, en hausse de 2% sur un an.
Parallèlement, l’offre de propriétés s’améliore de façon notable. Les nouvelles inscriptions ont bondi de 15% en février, atteignant 14 461 propriétés, tandis que le nombre d’inscriptions en vigueur a augmenté de 7%, pour un total de 36 655 propriétés disponibles. Cette hausse de l’inventaire contribue à rééquilibrer le marché, offrant davantage d’options aux acheteurs après plusieurs années de pénurie.
Du côté des prix, la tendance demeure à la hausse, bien que plus modérée. Le prix médian des maisons unifamiliales s’établit autour de 516 000$, en progression de 6% sur un an. Les copropriétés atteignent près de 403 000$ (+4%), tandis que les plex (2 à 5 logements) grimpent à environ 669 500 $ (+7%). Plus globalement, le prix moyen d’une propriété au Québec a atteint 547 800$ en février 2026, soit une augmentation annuelle de 6,9%.
Cette croissance des prix continue d’exercer une pression importante sur l’accessibilité à la propriété. L’étude souligne qu’une proportion grandissante de transactions dépasse le seuil de 500 000$, particulièrement dans les grands centres. Dans certaines régions, notamment Montréal et ses environs, entre 50% et 92% des ventes de maisons unifamiliales se situent désormais au-dessus de ce seuil. Cette réalité a un impact direct sur la mise de fonds requise et allonge le temps nécessaire pour accéder à la propriété.
Malgré ces défis, le marché demeure dynamique. Le volume des ventes a atteint plus de 4,57 milliards de dollars en février 2026, en hausse de 5% sur un an, ce qui témoigne d’une valeur transactionnelle toujours élevée. De plus, les propriétés continuent de se vendre relativement rapidement, avec des délais moyens variant entre 45 et 52 jours selon le type d’habitation.
Enfin, les perspectives pour 2026 suggèrent un environnement plus équilibré. Le ratio ventes/nouvelles inscriptions se situe autour de 57%, ce qui correspond à un marché équilibré, ni à l’avantage des vendeurs ni des acheteurs. Cette évolution est soutenue par une stabilisation des taux d’intérêt et un retour graduel de la confiance chez les acheteurs.
En somme, le marché immobilier québécois entre dans une phase de normalisation. Si la hausse des prix et les enjeux d’accessibilité persistent, l’augmentation de l’offre et la stabilisation des ventes créent un contexte plus sain. Pour les acheteurs comme pour les vendeurs, l’année 2026 s’annonce comme une période d’opportunités, mais qui nécessitera une approche stratégique et bien informée.
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