Michèle Bouchard
Collaboration spéciale
Elodie Bouchard
Collaboration spéciale
Après plusieurs années marquées par une volatilité exceptionnelle — pandémie, hausses rapides des taux d’intérêt, ralentissement des transactions — le marché immobilier canadien amorce en 2026 une phase de transition plus structurante. Sans parler d’un retour à l’euphorie d’avant 2020, les prochaines années devraient plutôt être celles de la stabilisation, avec des nuances importantes selon les régions et les segments.

Taux d’intérêt: un facteur toujours central
En 2026, le principal moteur du marché demeurera l’évolution des taux d’intérêt. Après avoir atteint des sommets en 2023-2024 pour contrer l’inflation, ceux-ci devraient se maintenir à des niveaux plus modérés, sans toutefois revenir aux planchers historiques connus avant la pandémie. Cette nouvelle «normalité» favorise une reprise graduelle de la confiance, autant chez les acheteurs que chez les investisseurs, tout en imposant une discipline financière accrue.
Un retour progressif des acheteurs
Au Québec, particulièrement dans les grands centres comme Montréal et Québec, on observe un retour graduel des acheteurs qui avaient mis leurs projets sur pause. Les ménages s’adaptent aux nouvelles réalités de financement et ajustent leurs attentes, tant sur la superficie que sur la localisation. Les propriétés bien situées, correctement évaluées et en bon état continueront d’attirer une forte demande, tandis que les biens surévalués risquent de rester plus longtemps sur le marché.
Pression persistante sur l’offre
L’un des enjeux majeurs en 2026 demeure le manque d’inventaire. La construction résidentielle, bien qu’en reprise, peine toujours à répondre à la croissance démographique et à l’immigration soutenue au Canada. Cette rareté structurelle limite les baisses de prix et soutient une légère croissance des valeurs, surtout pour les logements familiaux et les unités de moyenne densité. Au Québec, les copropriétés bien conçues et les plex demeurent particulièrement recherchés.
Le marché locatif sous tension
Le marché locatif continuera d’être sous pression en 2026. La combinaison d’une forte demande, d’un accès plus difficile à la propriété et d’une offre limitée maintient les loyers à la hausse dans plusieurs régions. Cette situation attire de nouveau l’intérêt des investisseurs, bien que la rentabilité soit désormais évaluée avec plus de prudence, compte tenu des coûts de financement, des règlements municipaux et des normes locatives.
Un marché plus rationnel et segmenté
Contrairement aux années de surchauffe, 2026 s’annonce comme une période de décisions plus réfléchies. Les acheteurs prennent le temps d’analyser, de négocier et d’inspecter, tandis que les vendeurs doivent s’ajuster à un marché moins émotionnel. Les écarts entre les marchés urbains, suburbains et régionaux se creusent, rendant l’expertise locale plus essentielle que jamais.
Conclusion
En somme, le marché immobilier de 2026 au Québec et au Canada ne sera ni en crise ni en effervescence. Il s’inscrit dans une phase de maturité, marquée par la stabilité, la sélectivité et l’adaptation. Pour les acheteurs, vendeurs et investisseurs, le succès reposera sur une compréhension fine du marché, des attentes réalistes et une planification à long terme.
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