L’ogre américain Trump ne cache certes pas ses ambitions totalitaires de gouverner le monde en utilisant la force.

Sa déclaration récente à l’effet «qu’il n’a pas besoin du Canada, ni des produits canadiens comme l’aluminium, l’électricité, le bois, le fer, etc…» s’inscrit précisément dans cette idéologie, ajoutant de manière ridicule qu’il souhaite «être gentil à l’égard des Canadiens par simple compassion, mais qu’en réalité il n’a aucun besoin du Canada à moins que nous n’acceptions de devenir le 51e état américain»… ce que apparemment une majorité de Canadiens désireraient secrètement, selon cet ignoble Président corrompu et toujours en train de réinventer la réalité selon ses propres lubies narcissiques égocentrées. 

Paul St-Pierre Plamondon © Facebook

Dans ce contexte, on ne peut qu’approuver la discipline canadienne et la stratégie méthodique du Gouvernement Carney – la même stratégie favorisée depuis les tout débuts de son avènement au pouvoir, mais qui semble être entrée dans une nouvelle phase encore plus active ces dernières semaines – à rechercher d’autres partenaires économiques et sécuriser d’autres alliances politiques pour ses échanges commerciaux. À commencer par la Chine, qui est devenue la première puissance commerciale de la planète, et celle qui, associée avec l’Inde offre le plus grand potentiel commercial en vertu de leurs populations représentant conjointement quelque 2,6 milliards d’individus. 

Et ainsi, considérant tout cela, affirmer ensuite, comme tente de le faire croire Paul St-Pierre Plamondon, que faire des affaires avec l’Asie c’est accepter intrinsèquement les accrocs à la démocratie de ces pays différents du nôtre, c’est faire preuve d’une étonnamment grande naïveté et même d’un surprenant manque de capacité à analyser globalement et objectivement. Il est d’ailleurs un peu navrant de constater que certains commentateurs politiques autrefois talentueux ne sont devenus maintenant que des perroquets de PSPP, soliloquant les mêmes diatribes sans daigner apporter quelques nuances que ce soit, ce qui n’aide en rien à une analyse éclairée de ce maelström sociopolitique complexe. 

Tout ce beau monde préfèreraient-ils que le Canada continue à s’associer avec l’autocratisme de Trump, que le pays à la feuille d’Érable s’auto-humilie en quémandant l’aide économique d’un gouvernement trumpien qui affiche ouvertement son mépris envers le pays canadien et son absence totale d’égards envers la notion de souveraineté canadienne quant à nos politiques et notre économie? 

D’ailleurs, en critiquant ainsi les alliances canadiennes avec le monde oriental, monsieur St-Pierre Plamondon semble volontairement oublier que L’Amérique trumpienne bafoue elle-même ponctuellement les droits de ses propres concitoyens depuis le ré-avènement au pouvoir de Donald Trump.  Et on dirait que dans cette espèce d’étrange propension à vouloir ainsi quelque peu démoniser toute alliance économique avec les pays asiatiques ou arabes, le chef du Parti Québécois semble aussi vouloir passer outre à la brutalité idéologique économique et politique du dictateur Trump. Comme son envie de s’emparer par les armes et les coups d’état du pétrole vénézuélien; sa rapacité déclarée envers les riches terres et minerais ukrainiens rendant toute aide des USA envers l’Ukraine conditionnelle à recevoir une partie de ces richesses géologiques; son appétit conquérant et ses velléités militaires de même aloi à propos du géologiquement très riche territoire du Groënland, etc…

Vilipender certaines alliances, alors que le seul autre choix crédible serait de s’associer à cette répugnante gouvernance trumpienne, serait là une erreur de jugement surprenante… et décevante de PSPP, surtout alors qu’il devrait présentement profiter au maximum du vacuum politique causé par la démission surprise du Premier Ministre caquiste François Legault.  À moins que monsieur St-Pierre Plamondon n’entérine l’idée d’un monde dans lequel Trump s’emparerait impunément du Groënland, du Venezuela et du Canal de Panama ; transformerait le Canada en un 51e état; ferait mainmise sur de larges portions palestiniennes de la Bande de Gaza pour pouvoir y construire sa propre Côte d’Azur et y établir une panoplie d’hôtels sous la bannière Trump, cela après avoir entériné (voire participé) au massacre de milliers d’innocents civils palestiniens? Dans le même ordre d’idée, le chef du Parti Québécois ne devrait-il pas s’offusquer avec une même vigueur des alliances américaines avec un pays comme l’Arabie Saoudite, notoirement reconnue pour bafouer les droits de l’Homme? 

Alors que monsieur St-Pierre Plamondon incarne magnifiquement l’idée d’un renouveau dynamique du paysage politique et se présente comme un potentiel Premier Ministre de la Belle Province parmi les plus enthousiasmants depuis René-Lévesque, il est vraiment étonnant, et un brin inquiétant de constater qu’il semble s’imaginer ainsi vivre dans le pays des licornes roses, où nos voisins nous traiteraient avec le plus grand respect. Ou peut-être ai-je mal interprété la réaction et les propos de PSPP? J’espère que c’est le cas. Parce que sinon il est encore temps pour ce jeune politicien à l’extraordinaire potentiel et déjà un vétéran de la scène politique de réaliser que les États-Unis sous Trump n’ont absolument plus rien du grand frère d’autrefois défendant la démocratie et les plus faibles. 

Le Pays de l’Oncle Sam version trumpienne suit en fait les mêmes diktats et le même enlignement que la Russie du dictateur Vladimir Poutine, une vision idéologique qui n’est pas sans rappeler la méthode hitlérienne. On s’empare de tout par la force, en comptant sur la couardise du reste de la planète et la propension de l’être humain à vouloir éviter les conflits. Devant les chances réelles qu’il a de diriger les rênes du Québec pour les prochaines années – et bien sûr l’espoir légitime que cela suscite – on souhaite que Paul St-Pierre Plamondon fasse impérativement preuve d’un discernement et d’un sens de la diplomatie planétaire digne d’un chef d’état. 

On le répète: le Canada n’a pas le choix que de diversifier ses échanges commerciaux et s’affranchir de sa dépendance (et de sa vulnérabilité) à l’économie américaine. Sans compter que les contrées asiatiques représentent un énorme potentiel commercial et d’investissement, que ce soit pour les voitures, pour l’énergie ou les terres et minerais rares. Le monde est présentement dans une ère trouble et inquiétante. Mais tout bon investisseur boursier d’expérience à Wall Street le dirait, c’est aussi justement une occasion indéniable d’en tirer avantage et profit, pour les Canadiens et les Québécois.

Bannière principale: Paul St-Pierre Plamondon © Facebook

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Échos Montréal

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