Christine Fréchette, candidate pour la chefferie de la CAQ veut changer la direction mise de l’avant par le chef démissionnaire François Legault en ce qui concerne l’Immigration.

Christine Fréchette © Facebook

En effet, alors qu’elle semblait initialement appuyer l’argumentaire de Monsieur Legault qui avait aboli le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) au profit d’un nouveau programme, le PSTQ (Programme de Sélection des travailleurs qualifiés), Mme Fréchette s’engage maintenant si elle est élue à réactiver pour quelque temps le PEQ, notamment afin d’y adjoindre une «clause grand-père» à l’intention de ceux qui y étaient admissibles avant la fermeture du programme vers la fin 2025. 

De cette façon, les travailleurs étrangers, de même que les étudiants qui se trouvaient déjà sur le territoire québécois et en position de postuler pour le Programme PEQ lors de son abolition, pourront à nouveau le faire pour quelque temps selon les anciennes règles. La candidate à la chefferie caquiste précise toutefois du même souffle que les quotas d’invitations au nouveau Programme PSTQ seront conséquemment momentanément diminués au prorata, cela afin de «respecter les seuils».  

À la base, il faut comprendre que le Gouvernement du Québec se trouvait dans une position délicate en raison des quotas annuels démesurément généreux imposés par Ottawa pour chaque province quant à l’accueil d’immigrants sur leur territoire. En continuité avec son obsession multiculturaliste, le Gouvernement impose en effet une vaste sélection de quotas-plancher pour l’accueil de nouveaux arrivants, sans se soucier de la faisabilité d’un tel projet par rapport à : la préoccupante problématique de Crise de Logement, avec pénurie de logements abordables, particulièrement dans un contexte où les nouveaux arrivants n’ont fréquemment que peu de moyens financiers; la difficulté d’intégration de nouveaux arrivants sur le Marché de l’Emploi; l’intégration des enfants dans les écoles et les garderies déjà sursaturées du Québec; et de même l’intégration de   tous ces nouveaux individus dans un réseau de Santé lui aussi sursaturé et souvent proche du point de rupture; tout cela sans oublier l’essentielle volonté de défendre la langue et la culture francophone au Québec; etc…

Le Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de la Francisation et de la Langue Française, Jean-François Roberge a donc entièrement raison dans ce contexte d’appuyer la diminution du quota d’immigrants. Néanmoins, la démarche proposée par Christine Fréchette va dans un bon sens d’optimisation du processus, en ayant aussi à cœur un souci d’intégration au sein de la nation québécoise. Ainsi, la candidate caquiste souhaite donc la continuité des deux programmes en place (PEQ et PSTQ) pour les deux prochaines années. En parallèle, elle argue aussi fort légitimement que l’arrêt trop brutal de ces programmes mettrait en danger l’économie de plusieurs commerces, comme le souligne d’ailleurs également le Maire de Québec. Ce dernier indique que cela engendrerait une pénurie potentielle de près de 13 500 ouvriers, dans des secteurs particulièrement vulnérables comme la restauration, l’hôtellerie, etc… sans oublier les agriculteurs pour lesquels ce serait désastreux. 

Par ailleurs, l’acceptation de nouveaux arrivants doit se faire de façon méticuleuse et intelligente, adaptée selon les besoins du Québec, en primant donc une main-d’œuvre qualifiée et compétente, acceptant de s’intégrer potentiellement ailleurs qu’à Montréal, et tout cela après une vérification scrupuleuse des dossiers criminels. Il faut en effet noter que l’empressement fédéral à accepter des «nouveaux Canadiens» tous azimuts a engendré un cafouillis monstre et amené justement à l’acceptation de gens criminalisés qui se sont glissés entre les mailles.  

De même, le bénéfice de recevoir une acceptation en sol canadien et un visa de travail en sol québécois doit s’accompagner de l’obligation de parler ou d’apprendre le français pour les adultes, et d’aller dans des écoles francophones pour les enfants, dans le respect d’un Québec francophone. 

En outre, comme on le disait précédemment, au niveau logistique, avant d’accueillir de nouveaux arrivants, il faut également s’assurer d’avoir les infrastructures nécessaires: logements, écoles, transport, hôpitaux, routes, etc… Mais il est clair que, bien géré, un influx immigrant de qualité – et on souligne ici de qualité! – peut indéniablement s’avérer un atout appréciable, car un grand pays ne peut avancer économiquement sans les ressources de populations éduquées, en particulier dans un immense territoire au potentiel aussi extraordinaire que le Québec. La France elle-même l’a compris depuis longtemps, alors que dès l’après Deuxième Grande Guerre Mondiale, et en particulier dans les années ’60, elle s’est ouverte à un influx considérable de nouveaux arrivants, qui ont grandement contribué à l’expansion du pays de l’Hexagone.  

Au final, madame Fréchette semble ne pas hésiter à se lancer un gros défi. Le contraire de son opposant Bernard Drainville, qui lui préfère jouer une partie plus tranquille en ne faisant pas de gros changements par rapport au plan actuel de François Legault… ce qui n’est pas une stratégie sans dangers. Les Québécois laissent clairement comprendre qu’ils souhaitent du changement, un essor nouveau et du dynamisme politique générateur d’améliorations. C’est d’ailleurs la raison du départ de François Legault, lui qui initialement souhaitait même se représenter pour un 3e mandat. Devant l’insatisfaction populaire et la volonté claire d’une nouvelle orientation pour les Québécois, le Premier Ministre a eu le courage, la lucidité et l’humilité de donner sa démission, et c’est tout à son honneur. 

C’est la même conclusion intelligente à laquelle la candidate Christine Fréchette paraît être arrivée, indiquant sa réflexion d’un réajustement nécessaire de la CAQ, comme par exemple en ce qui concerne la valse-hésitation chaotique au sujet du 3e lien, qui dans sa forme actuelle dépasserait les 12 milliards $ (voire jusqu’à 15 milliards $) d’après plusieurs experts. De l’argent qui serait beaucoup mieux investi dans la rénovation d’hôpitaux, maisons de retraite et autres Centres de Santé, dont plusieurs à travers la Province sont dans un état lamentable.

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Échos Montréal

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