Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

Lorsque vient le temps de vendre une propriété, la question du prix est souvent celle qui suscite le plus d’émotions. La plupart des vendeurs ont déjà une idée de ce qu’ils souhaitent obtenir avant même de rencontrer un courtier. Ils ont consulté les propriétés à vendre dans leur quartier, discuté avec des proches ou entendu diverses opinions sur la valeur de leur propriété.

Notre rôle, comme courtières, est toutefois d’apporter une analyse objective et transparente de la valeur marchande. Contrairement au grand public, nous avons accès aux données des ventes conclues, soit les transactions réellement réalisées. Ce sont ces chiffres qui nous permettent d’établir une évaluation juste et réaliste.

Une propriété affichée sur le marché ne constitue pas un comparable fiable. Après tout, n’importe qui peut demander un prix excessif pour sa propriété. Cela ne signifie pas qu’elle se vendra à ce montant. Une propriété peut demeurer sur le marché pendant des mois sans trouver preneur et contribuer à créer une fausse perception de la valeur réelle dans un secteur.

La famille et les amis sont souvent les premiers à donner leur opinion sur le prix d’une propriété, et cette opinion est généralement plus généreuse que la réalité du marché. Nous entendons fréquemment des commentaires du genre: «Ma tante me dit que ça vaut tant.» Notre réponse est parfois à la blague: «Alors, dites à votre tante de l’acheter!» Évidemment, lorsque vient le temps de signer un chèque, les acheteurs potentiels se font beaucoup plus rares.

Le contexte actuel du marché mérite également d’être pris en considération. Depuis le début de l’année, l’activité immobilière a ralenti. Bien que janvier soit traditionnellement un mois plus calme, les ventes ont affiché un recul de 15% par rapport à l’année précédente. Les mois d’avril et de mai ont également enregistré une baisse du nombre de transactions de 7% et 10% respectivement (statistiques Centris, région de Montréal). Il est important de noter que les données sont pour le marché montréalais général et que chaque quartier peut avoir des spécificités, ainsi que le type de propriété et le budget. 

© Courtoisie Centris

Nous observons également une tendance de plus en plus marquée: plusieurs vendeurs demeurent fermement attachés au prix qu’ils ont en tête. Pourtant, le marché d’aujourd’hui n’est plus celui de la pandémie. Après plusieurs années exceptionnelles, le marché se recalibre progressivement, ce qui est tout à fait normal.

Dans certains cas, attendre un an dans l’espoir d’obtenir le prix souhaité peut s’avérer coûteux. Pendant cette période, le propriétaire continue de payer les taxes, les frais de copropriété, l’entretien et parfois même les intérêts hypothécaires. Au final, il est possible que le prix du marché n’ait pas évolué dans la direction espérée.

C’est pourquoi il est important d’écouter les recommandations de votre courtier et d’examiner attentivement les données qui vous sont présentées. Notre objectif est de vous aider à vendre dans les meilleures conditions possibles, avec une stratégie adaptée à la réalité du marché.

Enfin, lorsqu’il est question de vendre sa propriété, il faut laisser le cœur et l’orgueil à la porte. Il est normal d’être fier de sa maison ou de son condo, mais ce qui vous plaît ne correspondra pas nécessairement aux goûts ou aux besoins de tous les acheteurs.

En bref, fixer le bon prix dès le départ demeure l’une des décisions les plus importantes dans un processus de vente. Les émotions ont leur place dans l’histoire d’une propriété, mais lorsqu’il est temps de vendre, les chiffres demeurent les meilleurs alliés.

Contact:
mbouchard@sutton.com ebouchardimmo@gmail.com • mbouchard.ca

 

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Michèle Bouchard

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