La nation d’Israël, après quelque deux millénaires d’exil a enfin pu faire un retour sur la Terre Promise après (et en réaction à) la fin du conflit planétaire de la Seconde Grande Guerre mondiale. Le traité menant à la genèse politique moderne de ce pays fut imposé par les grandes puissances au cours de l’année 1947. Cela incluait principalement la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis, qui voulaient qu’Israël puisse avoir son propre pays après le génocide atroce commis à l’égard des Juifs par l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler. C’est finalement le 14 mai 1948 que l’État d’Israël a ainsi officiellement été créé, suite au plan de partage de la Palestine en deux pays distincts et approuvé par l’ONU.

Déplacement de résidents dans la ande de Gaza durant la guerre Israël-Gaza, 2023-25 © Jaber Jehad Badwan

Et bien sûr le séisme politique que cela a causé ne pouvait qu’engendrer la colère des pays arabes et mener à un conflit perpétuel aux assises millénaires, mais qui continue ainsi de durer dans sa forme contemporaine depuis près de huit décennies. Entre autres grandes étapes sanglantes de ce violent historique, après les premières frictions militarisées en 1948, puis en 1956 avec la Crise du canal De Suez, mentionnons une troisième occurrence, beaucoup plus violente, soit la Guerre de 6 jours en 1967, avec comme aboutissement prévisible une écrasante victoire de l’État Hébreu, beaucoup plus fort militairement, d’autant plus qu’aidé par l’ONU et les grandes puissances. 

Pendant les années qui suivirent le climat n’a fait que se détériorer entre Israël et les pays arabes. Alors l’État Hébreu, grisé par sa puissance militaire et impulsé par sa communauté orthodoxe d’extrême-droite, a peu à peu continué à essayer de s’emparer de nouvelles terres arabes par la force, quitte à chasser ceux qui s’opposaient et n’hésitant pas pour ce faire à recourir à la violence souvent mortelle malheureusement et ponctuellement avec l’aide des Américains. Cela a mené à un 4e conflit, et une victoire tout aussi décisive d’Israël contre l’Égypte et la Syrie en 1973, puis à une guerre, plus difficile cette fois, contre le Liban en 1982. 

Pendant tout ce temps les forces arabes tentèrent de s’organiser malgré leurs propres sévères dissensions les uns envers les autres, menant néanmoins à la naissance de plusieurs mouvements politiques, dont l’Organisation de Libération de la Palestine (OLF), mais avec aussi en parallèle les bourgeons politiques embryonnaires de plusieurs organisations et groupuscules à mouvance plus terroriste. Tout cela mena à ce que l’on considère comme une «Intifada» mot arabe désignant un «soulèvement» (populaire et militaire) et qui se voulait une insurrection ou une révolte populaire de mouvements palestiniens à l’encontre de l’occupation israélienne, menant aussi en novembre 1988 à une Déclaration d’Indépendance de la Palestine, un acte politique dont l’influence était surtout symbolique. 

Ce climat vicié de tensions perpétuelles a débouché en une tentative d’accord un peu risible, avec la signature des accords d’Oslo en 1993 à Washington, qui techniquement apportent la reconnaissance de l’État d’Israël par les Palestiniens, alors que l’État Hébreu reconnaissait théoriquement l’autonomie de la bande de Gaza, une bande territoriale située en sol palestinien et servant de zone-tampon entre les deux pays. Mais l’inefficacité de ces accords est rapidement devenue évidente avec une résurgence quasi-immédiate de micro-conflits où chaque camp rejetait la faute sur l’autre, et menant en 2000 à une 2e intifada. S’ensuivit une pléthore de batailles ponctuelles et d’attentats terroristes ciblés. Israël réagit en 2002 en construisant ce qui s’appela le Mur de la séparation. 

Cessez le feu de 72h entre le Hamas et Israël, 6 août 2014. © Boris Niehaus (www.1just.de)

En 2005, Israël accepte finalement de se retirer de la bande de Gaza, mais les choses changent à nouveau avec une résurgence du conflit contre le Liban, ainsi que la victoire électorale du Hamas en 2006, une organisation politique palestinienne beaucoup plus militante et vindicative… menant ultimement à un énième blocus de la bande de Gaza en 2007, suivi de ponctuelles agressions militarisées de l’Armée israélienne au cours des années suivantes. Puis le visage médiatico-politique de ce conflit ancestral larvé change quelque peu pour la première fois en 2011 et 2012, alors que la Palestine est successivement admise en tant que membre de l’UNESCO, puis en tant que «membre observateur» de l’ONU. Prévisiblement cela ne débouchera qu’en une agression généralisée contre la bande de Gaza en 2014. 

Par contre, signe que les temps ont fini par changer, la perception du conflit au-delà même de l’opinion publique de plus en plus pro palestinienne, alors que les instances politiques aussi commencent à afficher une attitude plus sévère envers Israël. Et ainsi, pour la première réelle fois depuis la création de l’État Hébreu – et non à mots couverts ou via des déclarations mièvres et sibyllines sans poids – l’ONU condamne fermement en 2016 la continuation éhontée de la colonisation israélienne sur des terres arabes. Et finalement, dernière avance rapide jusqu’aux temps présents et à la récente salve d’une nouvelle escalade militarisée et qui perdure depuis bientôt trois ans. Cela a commencé en mai 2023 avec un soulèvement généralisé des Palestiniens, et surtout le massacre – terroriste il faut le dire sans ambages – de la part du Hamas et de groupuscules armés palestiniens, menant à l’assassinat de plusieurs centaines, voire près d’un millier selon certaines estimations, d’Israéliens. Horrible. 

Mais cela s’est poursuivi avec une riposte d’une dimension tout aussi repréhensible et d’une violence sans précédent de la part d’Israël contre les Palestiniens, tuant des dizaines de milliers de victimes, incluant femmes, civils et enfants, et même des forces de la Paix, sur le terrain pour fournir de l’aide au peuple palestinien. Cela sans oublier les centaines de milliers de blessés, et tous les Palestiniens ayant dû vivre un exode forcé. En corollaire, on ne peut non plus omettre de mentionner une énième, mais très importante, couche de contexte politique qui vient s’ajouter avec cette nouvelle guerre sanglante et en expliquer aussi l’impasse. En effet, il faut savoir que Benyamin Netanyahou se débat pour demeurer au pouvoir alors que lui et son épouse font face à des sérieuses accusations de fraude, de corruption et de détournement de fonds. Il a donc tout intérêt à faire perdurer ce conflit, aidé en cela par le tout aussi corrompu (et se voulant totalitaire) gouvernement américain de Donald Trump. 

Au final, leur comportement n’est pas tellement lointain ou différent de celui du dictateur Russe Vladimir Poutine.

Bannière principale: Attaque sur IRIB’s Live News Broadcasting Studio, 16 juin, 2025 © Avash Media

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Échos Montréal

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