Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

Le marché immobilier québécois traverse actuellement une période de transition. Après plusieurs années marquées par une forte demande et une croissance rapide des prix, le marché se normalise progressivement. La hausse importante de l’offre locative, les conditions de financement plus difficiles et l’incertitude économique liée aux tensions commerciales avec les États-Unis contribuent à ralentir l’activité. Toutefois, cette évolution varie considérablement selon les secteurs et les types de propriétés.

Un marché locatif qui se détend

Le marché locatif est aujourd’hui beaucoup moins tendu qu’il ne l’était il y a quelques années. Dans la grande région de Montréal, le taux d’inoccupation des logements locatifs est passé à 2,9% en 2025, comparativement à 2,1% en 2024. À Québec, il a atteint 2,4% et de point de vue national, celui-ci est à 3.1%. La SCHL souligne que l’augmentation des logements nouvellement construits est l’une des principales raisons de cette détente.

Cette croissance de l’offre est particulièrement importante à Montréal. En 2025, 23089 logements locatifs ont été mis en chantier, contre seulement 2027 copropriétés, un sommet historique pour le locatif.

Cette tendance s’explique notamment par le financement des projets. Alors qu’un projet de copropriétés nécessite généralement environ 70% de préventes avant d’obtenir du financement bancaire, les projets locatifs n’ont pas la même exigence de prévente. La SCHL observe d’ailleurs que cette différence a favorisé la conversion de certains projets de copropriétés vers le locatif.

Des taux d’intérêt qui continuent de peser

Le 2 septembre 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25%. Même si aucune hausse n’est annoncée, les risques inflationnistes demeurent élevés et la Banque indique que les nouveaux tarifs américains et les contre-tarifs canadiens pourraient alimenter les prix.Dans ce contexte, les acheteurs demeurent prudents et les conditions de financement continuent de limiter l’activité. La SCHL prévoit d’ailleurs que le marché québécois connaîtra une croissance plus modeste et que les mises en chantier diminueront après les sommets récents.

Les tarifs commencent à se faire sentir

Les tensions commerciales ont également des répercussions concrètes sur la construction. Au deuxième trimestre de 2026, les coûts de construction résidentielle ont augmenté de 2,5% à Montréal et de 2,6% à Québec en un seul trimestre. Statistique Canada attribue notamment la hausse de certains matériaux métalliques et de l’acier aux tarifs et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. Pour les promoteurs, cela signifie des projets plus coûteux et des marges plus difficiles à préserver, ce qui peut entraîner des reports ou des annulations.

Conclusion

Le marché immobilier québécois n’est donc pas en crise, mais il est clairement en phase de rééquilibrage. L’offre locative augmente rapidement, les copropriétés neuves sont beaucoup plus difficiles à financer, les taux d’intérêt demeurent un facteur de prudence et les tensions commerciales ajoutent une pression sur les coûts. La réalité demeure toutefois très locale : certains quartiers et types de propriétés continuent de bien performer alors que d’autres connaissent un ralentissement marqué. Pour les prochains mois, la flexibilité et la capacité d’adaptation des acheteurs, vendeurs et promoteurs seront essentielles.

Contact:
mbouchard@sutton.com ebouchardimmo@gmail.com • mbouchard.ca

 

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Michèle Bouchard

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