À l‘approche des élections provinciales du 5 octobre prochain, les chefs de partis multiplient les promesses. Logement, coût de la vie, santé, éducation, entreprises…

Échos Montréal fait un tour d’horizon des programmes des cinq principaux candidats.

Paul St-Pierre Plamondon

Mené par son chef Paul St-Pierre-Plamondon, le Parti Québécois (PQ) a annoncé des mesures qui touchent notamment à l’indépendance, à la protection du français, à l’immigration, à l’économie et à la santé. Au sujet d’un referendum sur l’indépendance du Québec, le PQ a indiqué qu’il n’en tiendrait pas tant que Donald Trump serait président des États-Unis, soit jusqu’en janvier 2029. 

Sur l’immigration, le PQ promet «une baisse significative des seuils» de nouveaux arrivants acceptés dans la province. La cible serait ainsi réduite de moitié, avec une baisse prévue entre 200 000 et 250 000 personnes. Le seuil d’immigration permanente passera quant à lui de 45 000 à 35 000 par an. Cette «reprise de contrôle» sur l’immigration vise à respecter la «capacité d’accueil réelle du Québec», soutient le PQ, notamment en matière de logements, de services publics et de langue française. 

Côté économie, Paul St-Pierre-Plamondon a annoncé une baisse d’impôt de 20% pour les petites et moyennes entreprises (PME) québécoises, ce qui ferait du Québec «l’un des endroits au Canada avec le meilleur environnement fiscal». Une fois élu, il compte également amorcer un «grand ménage dans la bureaucratie» afin de recentrer l’État sur ses «missions fondamentales», soit «protéger, soigner, éduquer et préserver l’identité québécoise».

Christine Fréchette

La Coalition avenir Québec (CAQ) tentera de briguer un troisième mandat d’affilée, sous l’égide de sa nouvelle cheffe et Première ministre Christine Fréchette, qui veut s’atteler à «ce qui compte pour les familles, les aînés, les travailleurs et nos entreprises: le coût de la vie, nos services publics et nos infrastructures».

Son équipe a ainsi annoncé plusieurs mesures pour soutenir les familles. La première vise à bonifier le soutien aux parents dans le financement des études de leurs enfants. Un gouvernement Fréchette investirait 1 000$ dans le Régime enregistré d’épargne-études (REEE) de chaque enfant né au Québec à partir de l’automne 2027. Un soutien financier supplémentaire est également prévu pour les personnes en situation de handicap et leurs familles pour les aider à assumer certains besoins coûteux. Enfin, la CAQ a annoncé vouloir renforcer les services offerts aux femmes victimes de violence conjugale.

Pour améliorer l’accès aux soins de santé, un gouvernement Fréchette permettrait la pratique mixte des médecins, en leur permettant d’exercer à la fois dans le public et le privé. Quant aux patients en attente d’une chirurgie, ils seraient dirigés vers une autre région après six mois d’attente, et vers le privé après neuf mois.

Christine Fréchette souhaite elle aussi réduire la taille de l’État, en supprimant 2900 postes de fonctionnaires et en confiant certains services jusqu’ici publics au privé. 

Charles Milliard

Le Parti libéral du Québec (PLQ), via son chef Charles Milliard, défend «un Québec de régions, d’entrepreneurs, de travailleurs et de familles qui veulent des services publics à la hauteur et une économie capable de soutenir leurs ambitions». Ses cinq priorités sont ainsi l’économie, les services publics, le logement, les régions et la culture. Face à la crise du logement, le PLQ veut accélérer la construction de nouvelles habitations, avec un objectif de 100 000 par année, en misant notamment sur le préfabriqué et la livraison plus rapide des permis de construction. Pour soutenir l’accès à la propriété, le parti s’engage à rembourser 36% de la TVQ payée sur une maison ou un condo neuf, jusqu’à 10 000$. Enfin, le programme du PLQ prévoit de plafonner les hausses de loyers dans les résidences pour aînés (RPA).

Sur le plan économique, le PLQ estime que les PME québécoises sont «étouffées» par le fardeau administratif et réglementaire, et veut ainsi alléger les réglementations auxquelles sont soumises les entreprises. Dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, le PLQ propose de diversifier les marchés d’exportation afin de réduire la dépendance du Québec au marché américain. De nouvelles alliances seraient ainsi créées avec le reste du Canada, l’Europe et la Francophonie.

Ruba Ghazal

Représenté par sa porte-parole Ruba Ghazal, Québec solidaire (QS) se définit comme un parti «de gauche, féministe, indépendantiste et écologiste». Son programme 2026 est axé autour de cinq priorités, soit le logement, le coût de la vie, l’environnement, l’indépendance et les finances publiques. «Parce que rebâtir un filet social fort, faire notre pays pour réaliser la transition écologique, et redistribuer réellement la richesse, c’est possible», défend le parti.

Sur le logement, QS souhaite améliorer l’abordabilité des logements, en limitant la hausse des loyers au niveau de l’inflation, avant de réformer le calcul des hausses permises pour lutter contre les pratiques abusives. Plus globalement, le parti s’engage à mieux protéger les locataires, à lutter contre la spéculation et à faciliter l’accès à la propriété.

Le coût de la vie, et notamment celui de l’épicerie, n’est pas seulement imputable à l’inflation selon QS, mais également aux géants de l’alimentation qui «engrangent des profits records». Son plan en la matière vise à faire économiser 2500 $ par année aux Québécois, avec la création d’un réseau d’épiceries publiques sans but lucratif, qui permettraient de créer de la compétition et d’inciter à la baisse des prix, tout en se fournissant auprès des producteurs locaux.

Pour «réparer» les services publics abîmés par les «budgets d’austérité» des gouvernements précédents, QS compte taxer les ultra-riches, soit les 0,1% les plus fortunés du Québec. Ce nouvel impôt permettrait de récolter cinq milliards $ par an, qui seraient notamment investis dans les écoles et les logements sociaux. Enfin, le parti progressiste défend l’indépendance du Québec, à travers une approche «démocratique» et «décoloniale» qui inclurait les peuples autochtones, les nouveaux arrivants, les régions et les villes. 

Éric Duhaime

De son côté, le Parti conservateur (PCQ) est mené par Éric Duhaime, qui a annoncé «la mesure la plus importante de [sa] campagne électorale», avec une importante baisse d’impôt aux contribuables. Ce plan permettrait de faire économiser plus de 11 000$ à un travailleur sur cinq ans. Les entreprises aussi bénéficieraient de ce type de mesure, avec une baisse de 59% de l’impôt sur le revenu des sociétés dans un premier mandat conservateur. 

Sur la gouvernance, le PCQ estime que l’État québécois est «à bout de souffle», avec des «coûts qui explosent» et des «services qui ralentissent». Son programme prévoit ainsi un gel d’embauche dans la fonction publique et l’abolition de 20 000 postes d’ici cinq ans. L’État serait également décentralisé, avec la création de tables régionales qui interviendraient dans plusieurs dossiers.

Sur l’environnement, la formation conservatrice prévoit de se retirer de l’accord sur la taxe carbone, d’abolir le Fonds d’électrification et de changements climatiques et de mettre fin à l’interdiction d’exploiter les hydrocarbures du Québec.

À propos de l'auteur

Charline Caro

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