Montréal est victime de son succès. La métropole, dont la réputation internationale pour sa qualité de vie n’est plus à faire, attire de nouveaux venus d’année en année. L’achalandage ainsi que le recours aux transports en commun augmentent à une allure exponentielle et il s’agit d’un défi majeur pour la ville. C’est d’ailleurs en partie sur cette promesse de décongestionner un peu le réseau de transports montréalais avec le fameux projet de la ligne rose que madame la Mairesse Valérie Plante fut élue.

Deux autres projets de grande envergure sont sur la table depuis moult années, avec le prolongement de la ligne bleue ainsi que la mise en place du Réseau Électrique Métropolitain (REM).

Or, si les projets de développement des transports en commun foisonnent de toute part, il est étonnant de constater que l’Est de Montréal reste particulièrement délaissé, notamment en ce qui concerne Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies, sans parler de l’accès à Repentigny. Le fait est que l’on a tendance à desservir la Ville selon un axe Nord-Sud avec un métro qui s’étend aux régions de Laval et Longueuil. Seulement, l’Île de Montréal est de forme allongée, d’Est en Ouest.

 

Le REM, tout pour l’Ouest 

Grâce au projet du REM, l’Ouest sera entièrement desservi, et pas seulement jusqu’à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. Ce projet titanesque débute à Rive-Sud. Il traverse le centre-ville en se dirigeant vers le Nord et en permettant ainsi des correspondances avec les stations Bonaventure sur la ligne orange, McGill sur la verte et enfin Édouard-Montpetit sur la bleue.

Ensuite, le tracé empruntera 3 axes différents avec un trajet pour l’aéroport, un deuxième jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue et un dernier desservant Deux-Montagnes.

Si le projet permettant une connexion avec l’aéroport peut s’avérer intéressant, celui s’étendant jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue suscite de nombreuses critiques, y compris du Parti Québécois qui a dernièrement demandé l’annulation pure et simple de cette extension, arguant qu’elle « ne répond à aucun besoin » et qu’elle représente à elle seule un coût de plus de 1 milliard de dollars.

 

La ligne rose désengorge le Nord

Le projet de ligne rose, lui, permettrait de décongestionner la ligne orange et la bleue tout en offrant une bien meilleure accessibilité pour les habitants de Montréal Nord. Ceux-ci pourraient ainsi rejoindre le Centre-Ville en une vingtaine de minutes à peine. Les quartiers du Vieux-Rosemont et de Saint-Léonard seraient aussi mieux desservis, la ligne rose les traversant.

Toutefois, le projet n’en est encore qu’au début et il faudra des années avant de voir émerger cette ligne. De plus, son coût estimé à plusieurs milliards de dollars suscite des inquiétudes dans la classe politique, où la viabilité d’un tel chantier est régulièrement remise en question.

 

Le prolongement de la ligne bleue confirmé

Le coût de l’agrandissement de la ligne bleue est lui aussi élevé. Même s’il reviendra bien moins cher que la ligne rose, l’évaluation se chiffre toutefois entre 2,6 et 3,9 milliards de dollars.

Ce projet, datant depuis de nombreuses années, verra visiblement enfin le jour après bon nombre d’incertitudes, mais seulement en 2026. En effet, une entente a été conclue début avril entre Québec et Ottawa quant au financement nécessaire à sa réalisation.

Mais, là encore, si la ligne bleue se dirige effectivement vers l’Est, elle s’arrête toutefois bien tôt, à Anjou, délaissant, comme la ligne verte et comme le tracé de la rose, tout le reste de l’Est de l’Île et de sa ville voisine Repentigny. Il faut espérer que cette lacune qui semble avoir échappé à tous les projets passés, présents et futurs jusqu’à maintenant soit enfin comblée.

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Crédits Photos : Courtoisie CDPQ Infra

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Benoît Gaucher

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