Les réactions de tous les intervenants sont unanimes à dénoncer l’à-plat-ventrisme de celle qui se dit ministre du Patrimoine canadien, et donc de la Culture canadienne, Mélanie Joly, en ce qui concerne l’exonération de taxation qu’elle a accordée au géant du divertissement américain Netflix, pendant même que de grandes compagnies d’ici, génératrices d’emplois tout autant que de revenus pour les gouvernements sont, elles, taxées à l’extrême.

Cette aberration, nouvelle preuve d’incompétence d’une ministre de la Culture qui non seulement va directement à l’encontre des intérêts québécois, mais qui ne respecte en outre nullement son mandat primordial de défendre la culture, est ainsi décriée tous azimuts, incluant le Patronat, représenté par Martin Cauchon du Groupe Capital Média. Elle suscite même la colère – très justifiée – de son homologue ministre de la culture du Québec, Luc Fortin, dont il faut féliciter la sortie alors qu’il a critiqué avec véhémence cette entente de dupes, qui punit aussi notamment les journaux d’ici, eux qui pourtant contribuent assidument au Fonds Canadien des Câblodistributeurs.

À travers tout cela, on trouve comme victimes de première ligne tous les médias de la presse écrite. Ces derniers se sont affairés avec professionnalisme à s’adapter et à relever tous les défis technologiques relatifs à l’avènement de tous les nouveaux médias sociaux, ce pour quoi tous ces médias ont dû investir massivement pour se transformer et moderniser leurs volets web, en complémentarité avec leurs diffusions papier.

Or, malgré les impératifs budgétaires et les coûts élevés d’une telle démarche, non seulement les journaux ne reçoivent-ils presque pas d’aide du gouvernement fédéral, mais en plus Mme Joly, faisant preuve de condescendance et d’une profonde inculture a plutôt tendance à dénigrer et marginaliser la presse écrite.

Pour elle, rien ne semble compter plus que Facebook ou Twitter. Ce faisant, elle semble volontairement négliger une réalité très importante : beaucoup de gens – et pas seulement les personnes à plus âgées ou celles à plus faibles revenus – n’ont que faire des nouvelles diffusées via les médias sociaux, avec raison d’ailleurs quand on estime que de 20% à 30% des nouvelles diffusées sur le web lors d’événements marquants sont en fait ce qu’on appelle des « fake news », de fausses nouvelles.

Et en cours de route, elle néglige volontairement toute l’importance absolument capitale du travail journalistique professionnel, de tous ces médias qui font un boulot remarquable pour offrir une essentielle information de qualité, de tout ce travail d’enquêtes, d’analyses et de nouvelles dont ont besoin les démocraties et les sociétés. On n’a qu’à penser au Scandale des Commandites, pour lequel justement plusieurs anciens membres ou proches de son propre parti ont été accusés, ou encore tous ces dossiers de corruption municipale dans l’octroi de contrat de voirie. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que les médias écrits arrivent en tête de liste du niveau de confiance de la population, avant la télévision et la radio, et bien avant les médias sociaux.

Et cela est particulièrement vrai au niveau des médias locaux, dont tant les résidents que les commerçants et gens d’affaires ont besoin pour leur publicisation et pour la diffusion d’informations autrement négligées par les grands médias.

Ce faisant, elle semble ainsi s’inscrire dans la tendance générale de son parti libéral fédéral, à commencer par son chef Justin Trudeau, où le contenant politique semble avoir beaucoup plus d’importance que le contenu. En outre, comme l’indiquait la politicologue Josée Legault, on peut facilement établir un parallèle entre la soumission actuelle de madame la ministre Joly face au géant américain et l’à-plat-ventrisme de son chef Justin Trudeau dans les négociations de l’ALENA, où il se soumet à pratiquement toutes les exigences des Américains et du Gouvernement Trump.

Au final, le constat est désolant. Et, bien qu’il ne soit pas encore trop tard pour que madame la ministre fédérale de la Culture se décide enfin à faire son travail, on ne peut pour l’instant que se désoler du peu d’importance qu’elle accorde à la Culture du Québec. Elle se contente de phrases creuses et insipides, pendant que la littérature, l’artistique et le médiatique éprouvent de grandes difficultés et souffrent directement du manque d’aide fédérale et des carences publicitaires gouvernementales.

Pour elle, il semble clair que le carriérisme est plus important que d’agir comme une véritable ministre de la Culture en aidant et en défendant le patrimoine culturel et les institutions médiatiques en tout genre, essentielles au maintien de nos valeurs morales et sociétales, tout comme pour le maintien de la bonne santé démocratique.

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Vincent Di Candido

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