La ménagerie de verre

Le classique nord-américain La Ménagerie de verre renaît au théâtre Denise Pelletier du 12 mars au 9 avril. Avec la traduction de Fanny Brit, Alexia Burger met en scène la pièce de Tennessee Williams en tentant de dépoussiérer un monument théâtral.

Actualiser l’intemporel

La ménagerie de verre est une histoire morale, qui traite du dilemme des obligations que l’on s’impose et désir d’aventure. Le narrateur et personnage Tom Wingfield, interprété par Fabrice Yvanoff Sénat, fait exister sur scène ces ambitions qui le tiraillent. À travers la mère Amanda, interprétée par Marie-Hélène Thibault, et le jeune Jim O’Connor, Thomas Deraspe-Verge, nous découvrons la douleur du souvenir et de la mémoire.

Les thèmes abordés dans la pièce de Tennessee Williams sont atemporels, mais avec sa traduction, Fanny Brit rend le texte encore plus accessible, actuel, sans pour autant dénaturer l’écriture du dramaturge.

Le narrateur nous prévient dès le début de la pièce : «La pièce est faite de souvenirs. À ce titre, elle est faiblement éclairée, sentimentale, non réaliste». Alexia Burger l’a très bien compris, elle a opté pour un décor simple, afin d’habiller la scène, il suffit de rideaux, d’un sofa et d’une petite table en bois. Une attention particulière a été prêtée aux lumières, qui réussissent à donner une ambiance éthérée aux dialogues et qui nous transportent dans les chaudes après-midi du Missouri.

Des choix surprenants

L’un des éléments qui peut surprendre dans cette pièce, est la quantité de rires que provoquent les acteurs dans la salle. Quand bien même La ménagerie de verre serait une tragicomédie, les comédiens espéraient que le public s’esclaffe et posaient leur déclamations à cet effet. Mme Bürger et ses acteurs ont décidé de rendre les personnages plus burlesques qu’ils ne l’étaient dans le texte original. Le personnage d’Amanda, la mère, en est l’exemple parfait, puisqu’elle agit en cougar décomplexée face au jeune O’Connor, quand en réalité, elle devrait être une mère pieuse qui se préoccupe avant tout pour ses enfants, malgré ses fantasmes sur son passé.

Malheureusement, Tom déclame ses phrases en étant parfois déconnecté de ses propos et avec une intensité déplacée. Il semblerait que Mme Bürger a fait le choix, qui aurait pu être sensé, d’équivaloir le désir d’aventure de son personnage à une recherche d’identité sexuelle. Ainsi lorsque le texte est anguleux et sec, Sénat adopte un ton langoureux qui fait mouche.

Les jeux de lumières étaient particulièrement réussis, peut-être un peu trop. Ce qui a donné à Mme Bürger l’impression qu’il fallait en rajouter encore et encore. Certes, la musique et les couleurs s’entremêlent aux souvenirs, mais il n’était pas nécessaire de rendre la pièce une performance. Sans vouloir divulgâcher, une scène en particulier peut apparaître comme un cheveu dans la soupe.

Courtoisie -TDP

Conclusion

La version de Brit et Bürger vaut la peine d’être vue, elle est drôle, actuelle et percutante dans sa mise en scène. C’est aussi une belle occasion de revoir un classique revisité. Pour le reste, à chacun ses goûts comme ses couleurs, même s’il vous est presque garanti d’être au moins surpris, par certaines décisions de mise en scène.

7/10

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Échos Montréal

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