Tout au long du mois de juillet et au début du mois août, la météo fut particulièrement clémente à Montréal, surtout si l’on fait une comparaison avec l’été dernier. Ce beau temps incite les gens à profiter le plus possible des activités de plein air et, outre les festivals, les nombreux parcs dont regorge la ville sont sollicités plus que jamais. L’attrait des piscines publiques extérieures ne demeure pas en reste quand vient le temps de permettre aux résidents de faire baisser la température.

Cependant, certains désagréments peuvent rendre l’expérience particulièrement pénible. C’est le cas notamment quand le personnel n’est pas en nombre suffisant pour surveiller et entretenir adéquatement les aires communes. Cela est d’autant plus ardu avec la multiplication des incivilités en tout genre.

 

Un budget restreint

C’est à l’échelle de la Ville que se fait la gestion des grands parcs et à l’échelon des arrondissements pour les autres plus petits.

On constate qu’entre 2017 et 2018, le budget alloué aux grands parcs, verdissement ainsi qu’au Mont-Royal a littéralement fondu de presque 10% en passant de 23 millions et demi à 21 millions et demi, soit une diminution de près de 2 millions de dollars. À noter que le budget 2017 avait lui-même été amputé de 3 millions de dollars comparativement aux dépenses allouées en 2016.

Pour ce qui est des parcs locaux, on constate aussi une tendance à la baisse des budgets. À titre d’exemple, pour le budget 2018 du Plateau-Mont-Royal, ce dernier est 4% plus faible que le budget 2017, malgré les discours pro-écologiques du Maire Luc Ferrandez. Même si tous les parcs de l’arrondissement n’ont pas forcément connu de baisses de financement, celui-ci semble toutefois demeurer insuffisant. Ainsi, Geneviève Allard, chargée de communication à la Division des relations avec les citoyens et des communications de l’arrondissement nous informe que « du côté du parc Laurier, il n’y a eu aucune coupure en 2018. La seule intervention qui a eu lieu dans ce parc concerne le bâtiment, il y a eu réfection des toilettes. »

Piscine du Parc Laurier

On nous stipule aussi qu’il n’y a pas eu de coupures non plus à la piscine Laurier, madame Allard précisant d’ailleurs : « Nous avons même ajouté des activités aquatiques pour les citoyens avant l’ouverture régulière (entraînements pour adultes, cours de natation pour enfants, cours de natation pour adultes). »

Toutefois, bien que ce parc soit épargné des économies faites par la mairie, on constate un entretien pour le moins limité, avec moult endroits où règnent les hautes herbes parsemées de terre, sans oublier les traces laissées par une incivilité grandissante, et la circulation des vélos, malgré son interdiction pour la sécurité des enfants.

 

Des incivilités toujours plus dérangeantes

Le parc Laurier, comme bien d’autres parcs, est victime d’une augmentation constante d’actes répréhensibles et de dégradations en tout genre.

Ainsi, il n’est pas rare de côtoyer mégots de cigarettes et autres déchets laissés par des individus dont les considérations de respect d’autrui et de l’environnement sont relativement faibles.

Pour ce qui est de la piscine, un incident traduit l’évolution des actes de vandalisme gratuits. Dans la nuit du 20 au 21 juillet, des délinquants auraient cassé des bouteilles de verre au fond du bassin, occasionnant une fermeture durant plusieurs heures.

Face à cette recrudescence de conduites malveillantes ou inciviles, il est nécessaire d’avoir dans les parcs un personnel d’entretiens en nombre suffisant, et, afin de prévenir de tels comportements, un service d’ordre de policiers et cadets plus présent. Pour l’heure, l’arrondissement du Plateau dispose uniquement de 8 cadets pour couvrir son secteur, dont 2 seulement sont attitrés à la surveillance des parcs, « notamment pour patrouiller les parcs les plus problématiques tels Laurier et La Fontaine », précise Geneviève Allard.

 

Légalisation: risque accru de fumeurs de cannabis

Si les actes délictueux et incivils dans les parcs sont favorisés avec la consommation d’alcool faiblement surveillée, il convient de se questionner sur les méfaits qu’ajouterait la consommation de cannabis qui risque d’augmenter drastiquement dans les aires publiques du fait de sa légalisation prochaine. Le cocktail détonnant alcool et cannabis inquiète davantage quant au comportement des consommateurs, alors que ces aires communes sont fréquentées par des familles.

Face à des mentalités toujours plus individualistes favorisant visiblement le bien-être personnel au détriment de celui des autres, il convient peut-être d’agir en amont en prévenant de tels comportements ainsi qu’en aval, avec des moyens conséquents d’entretien des parcs et piscines de Montréal.

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Benoît Gaucher

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