Alors que le printemps est de retour, l’effervescence de Montréal se fait ressentir: les terrasses sont pleines, les bars et restaurants sont bondés, les festivals reprennent, la ville est animée.

Mais malgré cette vitalité, la pandémie a laissé sa marque sur le paysage unique de Montréal avec les fermetures massives de restaurants, cafés et autres commerces en raison des restrictions sanitaires et de la crainte de fréquenter le centre-ville. Or, maintenant que le pire semble derrière nous, plusieurs organisations attendent le plan de la Ville de Montréal de 2022 concernant la relance économique. 

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À ce titre, le directeur général de la Société de développement commercial Montréal centre-ville, Glenn Castanheira, et le président et chef de la direction de la Chambre de Commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, partagent leurs visions quant à la reprise économique dans la métropole et présentent leurs priorités pour cette année.

Une continuité plutôt qu’une relance: les priorités pour Montréal

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Pour le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, la relance économique a déjà eu lieu et elle est pratiquement terminée. «La relance économique au sens où on l’entendait avec des entreprises confiantes, un PIB élevé, etc., est presque complétée. La relance économique de Montréal, comme au Québec et au Canada, est réussie», lance-t-il avec confiance. Toutefois, il spécifie qu’il y a toujours des secteurs en difficulté et qu’il est juste de parler de relance économique dans le domaine du tourisme, de la restauration et segments gastronomiques, de l’hébergement et du milieu culturel. 

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Un avis similaire à celui partagé par Glenn Castanheira, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville, qui affirme que «la ville s’est mieux tirée d’affaires durant la pandémie grâce à ses accès stratégiques», soit les caractères distinctifs de Montréal sur le plan local, national et international. L’essentiel sera donc de maintenir la vitalité de ces secteurs qui étaient, et sont toujours, actifs. «La priorité est le maintien des accès stratégiques. Le centre-ville de Montréal a mieux fait que toutes les villes canadiennes durant la pandémie grâce à la diversification de notre économie et l’attractivité du centre-ville et on doit poursuivre sur cette lancée», ajoute-t-il.

Pour les deux interlocuteurs, l’année 2022 à Montréal s’annonce ainsi davantage comme une reprise, voire une continuité qu’une relance économique. Des enjeux seront prioritaires pour cette reprise avec certains domaines au premier plan.

Pour M. Castanheira, il est primordial de s’attarder au milieu universitaire à Montréal. Pour lui, la présence de plusieurs universités à Montréal confère à la ville le statut de capitale universitaire du pays. «Les universités représentent un pôle d’attractivité indéniable au Canada et dans le monde auprès de la clientèle étudiante […] [Elle] doit pouvoir jouir de ce qui les a attirés à Montréal en premier lieu, à savoir l’aspect dynamique de la ville». 

Les interlocuteurs soulignent les chiffres sur la démographie du centre-ville qui illustrent une nette augmentation comparativement aux cinq dernières années. «Le centre-ville n’a jamais été aussi habité que depuis les années 1960. Cela constitue la plus forte hausse démographique depuis les cinq dernières années. Le centre-ville était en déclin avant ça», souligne le Directeur de Montréal centre-ville. Il ajoute que le magnétisme de Montréal et l’engouement d’habiter au centre-ville est synonyme de la qualité de ce milieu de vie. «La reprise économique doit prendre cet aspect en considération pour ne pas y nuire. Le tourisme sera également un des fers de (re)lance de l’économie pour cette année, et beaucoup d’attention sera portée sur ce secteur». 

Le tourisme au rendez-vous pour 2022

Le tourisme est un aspect névralgique de la vitalité de Montréal, que Monsieur Castanheira décrit comme la «capitale nord-américaine du tourisme». Il explique que le tourisme d’affaires passe principalement par le centre-ville, particulièrement dans le cas des congrès internationaux se tenant au Palais des congrès où plus de 180 conférences sont planifiées pour cette année. Les conférences économiques, scientifiques, académiques, et autres y ont lieu à chaque année et attirent des milliers de gens provenant de l’international, un afflux touristique important. 

Michel Leblanc, souligne lui aussi l’importance du tourisme d’affaires, un afflux économique substantiel dans la métropole. Il souhaite que des campagnes de communication soient effectuées pour envoyer les signaux à cette clientèle touristique afin qu’elle revienne à Montréal et que son nombre atteigne un niveau semblable à celui prépandémique.

Le tourisme de loisir est aussi visé par les deux organisations. «On a atteint les 40% et 50% d’occupation des hôtels l’été dernier, explique Glen Castanheira. Ces chiffres sont très faibles certes, mais on a mieux performé que toutes les autres villes au Canada grâce au tourisme local qui a comblé une partie du tourisme international». Une augmentation accrue du tourisme est prévue, et il souhaite que le Quartier des spectacles, les établissements hôteliers ainsi que les centres culturels travaillent de concert afin d’offrir l’expérience montréalaise complète aux touristes pour la relance de cet été.

Le Président de la CCMM, lui, nous confie qu’il a eu vent d’informations concernant le tourisme de loisir cet été. «Tourisme Montréal s’attend à une forte reprise et la société Aéroports de Montréal prévoit un achalandage de vols internationaux cet été beaucoup plus important que les deux années précédentes […] Le Grand Prix de Montréal affiche déjà complet», affirme Monsieur Leblanc. 

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Les obstacles à la relance économique de Montréal

Les enjeux macroéconomiques sont considérés comme des obstacles non-négligeables pour nos deux interlocuteurs, notamment en ce qui concerne la pénurie de main-d’œuvre. «La pire chose serait de ne pas pouvoir répondre à la demande [pour 2022] en raison de la pénurie dans l’industrie du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie. Tout le monde a des problèmes de main-d’œuvre», insiste le directeur général de la SDC Montréal centre-ville concernant cet enjeu. 

Même son de cloche pour Michel Leblanc qui affirme que la main-d’œuvre doit être au rendez-vous cette année pour répondre à la demande dans les trois domaines mentionnés plus haut. «Nos capacités hôtelières doivent rester les mêmes. La main-d’œuvre reste un enjeu. Il va y avoir de l’embauche à faire mais le chômage est au taux le plus bas en trente ans […] Les travailleurs sont rares et cela augmente l’inflation salariale et affecte toutes les chaînes d’approvisionnement», précise le président de la CCMM. Il ajoute que la guerre en Ukraine nuit à la confiance envers les marchés et que cela augmente le coût des ressources et le coût de la vie. 

Le logement et le transport sont deux autres défis importants pour cette année de reprise des activités à Montréal. 

Pour Monsieur Leblanc, la construction de logements ici et en région doit être au rendez-vous pour accommoder les familles et les touristes. Au niveau du transport, le président de la CCMM affirme que l’accès à la ville demeure vital et qu’il doit être mis à l’avant-plan. «On va devoir cesser l’impression que les travaux rendent les déplacements à Montréal désagréables et communiquer en ce sens pour que les gens veuillent s’y rendre», indique-t-il. 

Un autre défi est celui de la mobilité et de la concertation entre groupes d’intérêts. 

Pour Glen Castanheira, bien que la pandémie ait eu des effets négatifs sur la ville, cette dernière a permis de sortir du modèle de silos qui prévalait dans les communications entre les organisations dans la métropole. «Il faut que la Ville de Montréal continue de fonctionner en système et non en silos pour pouvoir se parler, être au fait de ce qui se passe chez nos partenaires et pouvoir répondre collectivement aux défis», ajoute-t-il en soulignant qu’il ne faut pas revenir en arrière à cet égard. 

Opportunités et optimisme

Les deux interlocuteurs se rejoignent aussi dans leur optimisme quant au futur, malgré les défis présents et à venir. Monsieur Leblanc voit une belle fenêtre d’opportunité pour les entrepreneurs qui souhaitent se lancer en affaires cette année avec de nouveaux styles de boutique, des restaurants ou autres idées de commerces. «Je fais appel aux entrepreneurs qui cherchent à démarrer une nouvelle entreprise […] C’est un moment assez rare en termes de disponibilité d’espace, et c’est un bon moment pour réfléchir à bâtir une entreprise au centre-ville» lance-t-il aux citoyennes et citoyens de Montréal.

Pour Monsieur Castanheira, l’été à Montréal s’annonce dynamique et vivant. Il encourage les gens à se rendre au centre-ville pour participer aux célébrations. Il termine ainsi: «Si on y va pour le plaisir, on va y aller avec plaisir […] Ça va brasser cet été!».

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À propos de l'auteur

David Beauchamp