On ne réalise pas à quel point l’évolution des lieux de travail a influencé l’architecture et l’organisation urbaine de la métropole, avant d’avoir participé à l’un des tours guidés d’Héritage Montréal, dans le cadre de sa série ArchitecTours présentée jusqu’au 22 septembre.

Du centre-ville à Hochelaga, en passant par le Canal de Lachine, au Pied-du-Courant, l’ouest du Vieux-Montréal, le viaduc Rosemont-Van Horne, le boulevard Saint-Laurent, les shops Angus et Rosemont, les férus d’histoire seront fascinés par la nouvelle perspective qui s’offre à eux. Pour en avoir un aperçu, le journaliste d’Échos Montréal que je suis a pris part à la visite du 3 août dernier dans l’ouest du Vieux-Montréal. Durant deux heures, les visiteurs ont été menés et extrêmement bien informés par Jérôme, un guide bénévole qui travaille comme architecte. Ils se sont d’abord réunis à la Place d’Youville, lieu chargé d’histoire où se tenait le parlement du Canada de 1844 à 1849, alors que Montréal était la capitale du Canada. Au terme des cinq années, un incendie majeur a brûlé le marché Saint-Anne qui s’y trouvait, emportant avec lui d’importantes archives. Quelques pas plus loin, ils ont observé le bâtiment Harline-Kimber : érigé en 1988, une époque où certains édifices passaient d’une architecture vernaculaire à une architecture plus organisée, le magasin entrepôt permettait aux petits commerçants de faire des affaires avec des grossistes, avant l’arrivée des grands magasins.

Peu après, le guide leur a expliqué pourquoi la rue McGill était associée au prestige. Il leur a montré où se trouvent les vestiges des fortifications et leur a transmis son savoir sur le Grand Trunk, une entreprise ferroviaire qui a installé son siège social sur McGill en 1802. Près d’un siècle plus tard, ses propriétaires ont construit l’édifice d’en face, alors que les nouvelles réglementations de la ville permettaient un plus grand nombre d’étages : des règles établies en lien avec les capacités et les outils des services d’incendie. Un peu plus loin, les visiteurs ont admiré le deuxième édifice des douanes fédérales canadiennes, installé dans le secteur pour affirmer la puissance du gouvernement dans un endroit central de la ville.

Le passionné d’histoire a ensuite relaté l’existence, jadis, de la rivière Saint-Pierre, avant de se diriger vers le Silo numéro 5, l’un des silos montréalais qui ont inspiré de grands penseurs de l’architecture comme Le Corbusier et Walter Gropius, qui saluaient l’architecture fonctionnaliste de ces espaces où l’on entreposait du grain. Peu à peu, les curieux ont aperçu les similitudes entre l’édifice Allan, une compagnie maritime faisant la liaison Montréal-Liverpool et l’édifice des commissaires de Montréal. Ils ont observé avec intérêt la maison de mère d’Youville rue Saint-Pierre et les entrepôts Bouthillier, d’architecture néo-classique, avant de faire un arrêt inattendu, mais fascinant : un détour dans la ruelle Saint-Éloi où se trouve la marque la plus ancienne de présence humaine à Montréal, datant de 2000 avant notre ère. C’est tout cela et bien plus encore que les visites d’Héritage Montréal permettent de voir et de vivre.

 

Crédit photo bannière : Archives Échos Montréal

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Samuel Larochelle

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