Dans le cheminement de l’actuel chef du Parti Québécois, Paul St-Pierre Plamondon, nous pouvons retrouver plusieurs similitudes avec le regretté René Lévesque. Sa fougue, sa franchise, sa défense farouche de la langue française, son attachement à l’indépendance du Québec, sa cohérence, dans l’analyse des programmes qu’il propose, mais également sa lucidité face aux écueils qu’il peut avoir à surmonter. Ce sont tout autant de qualités qui font échos à celles que possédait le charismatique fondateur du Parti Québécois. Et comme René-Lévesque, on sent aussi chez le présent chef du Parti Québécois la même impatience d’aller de l’avant, d’engager le Québec sur la voie de l’avenir prometteur qui lui est destiné.

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Après la fondation du parti en 1968, René Lévesque a réussi, dès sa première élection en 1970, à composer une équipe de rêve, avec les Jacques Parizeau, Bernard Landry, Claude Morin, Pierre-Marc Johnson, Jean Garon et Jacques-Yvan Morin. Cette même équipe a fait élire deux gouvernements péquistes majoritaires successifs en 1976 et 1980, avec toutefois une douloureuse ombre qui noircit le tableau : ne pas avoir pu remporter le référendum de 1980 sur l’indépendance du Québec. 

Pour monsieur St-Pierre Plamondon cependant, la tâche s’annonce beaucoup plus ardue, avec une nouvelle génération qui, à bien des égards, semble bien peu soucieuse de conscience sociopolitique, et bien plus concentrée sur la gratification personnelle, et sur la diffusion égotique de sa propre existence sur les réseaux sociaux. L’indépendance du Québec semble se situer bien loin dans les priorités de plusieurs membres de la nouvelle génération, en amour avec leur propre personnalité. De même, des préoccupations traditionnelles comme le développement politique, la fierté patriotique ou même la simple ambition professionnelle n’ont plus de valeur aux yeux des jeunes, qui préfèrent concentrer leur attention sur l’idée d’avoir du plaisir entre amis, de voyager et de se distraire. 

Paul St-Pierre Plamondon a cependant le bénéfice – et l’énorme avantage – de pouvoir faire le pont entre les différentes générations. Jeune père de famille, lui-même branché sur le modernisme, il garde néanmoins précieusement à l’esprit l’enseignement du passé et conserve toute la richesse des valeurs traditionnelles que prônaient nos ancêtres. Cela dit, il ne faut pas oublier que la route peut-être très longue avant de s’imaginer déjà vainqueur des prochaines élections provinciales, qui promettent d’être âprement disputées si d’aventure Denis Coderre devait confirmer sous peu sa candidature pour l’investiture du Parti Libéral du Québec. En politique, tout peut changer rapidement et il serait mal avisé d’oublier que les tribulations actuelles de la CAQ et la grogne de la population sont aussi dues à toute une série de facteurs incontrôlables, dont plusieurs trouvent leur résonnance au niveau mondial.  Par exemple, la guerre en Ukraine, ou les tribulations socioéconomiques post-Covid, conjuguées à une crise de la main-d’œuvre disponible, impactent toutes les économies planétaires en nous prédisposant à un climat économique un peu plus récessif. 

Tout cela se transpose pour l’instant en un climat d’instabilité généralisée, donnant la prépondérance à une analyse contextuelle de surface, mais non en profondeur, comme par exemple le cas Donald Trump avec les Américains. Quant à nos propres élections provinciales, elles ne sont que dans deux ans. D’ici là, bien des choses peuvent arriver et il ne faut rien prendre pour acquis. Néanmoins, il est indéniable que le portrait sociopolitique actuel ouvre la porte à des développements, des possibilités et analyses intéressant.e.s.

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Vincent Di Candido

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