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Michel Jean est né à Alma. Il a grandi à Sorel. Son travail l’a poussé à s’établir à Montréal, en Abitibi-Témiscamingue, à Toronto, en Saskatchewan et à Québec, en plus de le faire voyager à travers le monde. Aujourd’hui, sa maison est à Saint-Mathias-sur-Richelieu. Pourtant, le journaliste, lecteur de nouvelles et écrivain considère encore la métropole comme la pierre angulaire de sa vie. 

En passant la majeure partie de sa jeunesse à Sorel, soit à environ 50 kilomètres de Montréal, Michel Jean n’avait qu’une heure de voiture à faire pour visiter certains membres de sa famille à Saint-Léonard et à Longueuil. Ou pour sortir. «Quand je suis devenu ado, Montréal était la ville où j’avais hâte d’aller. À 18 ans, je sortais les fins de semaines et j’allais voir des spectacles à Montréal. C’était clair dans mon esprit que j’allais y vivre et que je ne passerais pas toute ma vie à Sorel.»

Dans un premier temps, ce sont les études qui l’ont encouragé à déménager, afin d’étudier en sociologie et en histoire à l’Université de Montréal. Peu à peu, il a enchaîné les appartements d’année en année, en découvrant tour à tour les charmes de Notre-Dame-de-Grâce, de Côte-des-Neiges, de Villeray et de Hochelaga-Maisonneuve. «Ce sont tous des quartiers que j’ai aimés, peut-être sauf Hochelaga. C’était rough dans le temps où je vivais là-bas. J’ai déjà vu une équipe du SWAT tirer sur quelqu’un sur le toit d’un bâtiment…»

Faisant ses débuts professionnels en tant que recherchiste pour Claude Poirier à la radio de CKVL, située à Verdun, il a également écrit pour le magazine Rénovation-Bricolage. «Le public cible était le gars propriétaire d’une maison dans une ville comme Repentigny et à qui je devais expliquer comment résoudre certains problèmes dans le domaine. Pourtant, je n’étais pas capable de clouer un clou moi-même!» Cette expérience lui a tout de même permis d’être engagé à Radio-Nord en Abitibi-Témiscamingue. «Le patron m’avait dit que le fait que j’écrive pour ce magazine démontrait que je voulais vraiment travailler… Je suis resté là-bas 18 mois.»

Il a ensuite travaillé comme correspondant parlementaire en Saskatchewan durant deux ans et fait un détour de six mois à Toronto, avant de goûter à la fièvre du journalisme montréalais à la fin des années 80. «J’ai longtemps travaillé à Radio-Canada en habitant tout près, dans le Village gai, sur la rue Alexandre de Sève. Puis, il y a eu d’énormes compressions à la Société d’État. Je me suis retrouvé à Québec. Sur le coup, j’ai vécu une déception. J’avais travaillé un peu partout pour aboutir à Montréal. Finalement, je suis resté à Québec de 1991 à 2005.»

Depuis, il se considère comme un Montréalais. «Ma maison est à Saint-Mathias, mais je sens que je vis à Montréal pareil. Je me promène à travers la ville tous les jours. Comme reporter, on connaît sans doute la ville mieux que la majorité des Montréalais. On rencontre toutes sortes de gens. On se promène du nord au sud et de l’est à l’ouest.» Son métier fait de lui un témoin privilégié de l’évolution de la ville. «Je vois les quartiers qui se gentrifient et d’autres qui dépérissent. J’ai connu le Plateau avant qu’il soit branché et qu’il perde son cachet au fil des années.»

Sa nature globe-trotter a également influencé sa perspective sur son port d’attache. S’il a d’abord voyagé en France, en Angleterre et en Grèce, son travail l’a ensuite mené dans des pays aussi dépaysants que le Sri Lanka et le Koweït. «Pendant longtemps, je connaissais seulement les villes nord-américaines et européennes. Je savais que des villes comme Paris et Montréal avaient des histoires différentes, mais c’est seulement en allant à Colombo et à Koweit city que j’ai commencé à voir Montréal différemment. J’ai pris conscience de son dynamisme et de son effervescence.»

Quand on lui demande ce qu’il aimerait voir changer dans la métropole, sa réponse fuse:  «Le problème de Montréal et de son agglomération, c’est que tout est vu en fonction de l’île au lieu de l’être en considérant la région. Un peu comme si New York se résumait à Manhattan. Ce n’est pas normal qu’il y ait si peu de transports en commun pour aller à Longueuil. On aurait tout intérêt à développer des concentrations d’habitants, d’activités, de services et de transports à plusieurs endroits. Le débat entre la ville et la banlieue m’épuise. C’est un faux débat.»

À propos de l'auteur

Samuel Larochelle

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