NDLR: Certaines portions de cette analyse ont été faites à la fin de l’été/début automne, d’où quelques disparités entre certaines réponses… Bonne Lecture!

Maintenant que nous arrivons vers la fin du calendrier de 2022, certains qualifient la situation touristique à Montréal comme un «retour à la normale». Cette constatation découle entre autres de l’achalandage dans les rues, du nombre élevé de réservations dans les chambres d’hôtel et de la tenue de plusieurs événements locaux et internationaux, rappelant l’atmosphère pré-pandémique. Les différentes sociétés commerciales et touristiques montréalaises ont analysés l’état du tourisme ayant choisi la métropole comme destination cette année pour déterminer si les objectifs en matière de tourisme ont été comblés pour 2022 et afin d’établir les priorités pour la suite. 

Le Grand Prix Formule 1 © Eva Blue  - Tourisme Montréal

Un bilan positif jusqu’à présent

Le président-directeur général de Tourisme Montréal (TM), Yves Lalumière, est stupéfait des chiffres enregistrés en matière de tourisme pour Montréal en 2022. «On a été surpris de la ferveur de la saison jusqu’à présent et c’est pour cela qu’on a émis un bilan de mi-été, ce qui est inhabituel puisque nous faisons nos bilans annuellement en temps normal» affirme M. Lalumière. Il ajoute également que les chiffres mensuels constituent des records au niveau de l’achalandage. «Juin et juillet ont représenté des mois records pour notre organisation. 2019 constituait notre année comparative et en moyenne, on a dépassé les chiffres de 2019 de 10% selon les capacités permises pour 2022. Le taux d’occupation hôtelière a atteint 80% et l’inventaire potentiel à ce chapitre est en augmentation», précise le président-directeur général de Tourisme Montréal.

Même son de cloche pour Diane Langlois, vice-présidente des Affaires publiques et relations gouvernementales pour la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), pour qui les données concernant le tourisme sont encourageantes. «La pandémie a touché le secteur touristique de manière importante, mais nous sommes quand même de retour à des chiffres intéressants au niveau de l’achalandage qui a grandement augmenté. Le nombre de visiteurs internationaux cet été s’est situé à 71% par rapport au niveau pré-pandémique de 2019», précise-t-elle.

Festival Mural, «Paix et justice» Shepard Fairey © Eva Blue  - Tourisme Montréal

Du côté de la Société de Développement Commercial (SDC) du Vieux-Montréal et de son directeur général, Mario Lafrance, cette année constitue une sorte de retour en arrière au plan touristique dans le quartier. «Même en mi-saison, on pouvait déjà dire que c’est comme si on revenait plus de deux ans en arrière. Le Vieux-Montréal est très achalandé, et nous en tirons un bilan très positif. Nous ne savions pas comment s’exprimerait le post-pandémique et force est d’admettre que les touristes autant que les travailleurs et résidents du quartier sont au rendez-vous», exprime-t-il. Il ajoute qu’il a été ravi de constater que la Ville de Montréal considère toujours le Vieux-Montréal comme le «vaisseau amiral de la ville» et est heureux de l’aide financière et logistique apportée afin de redynamiser le quartier économiquement et culturellement, bonifiant du même coup l’expérience touristique.

Pour Glenn Castanheira et la SDC Montréal centre-ville, les signes sont bons pour connaître une fin de saison touristique à l’image de ce que la métropole a connu jusqu’à présent en 2022. «Il est trop tôt pour crier victoire (en date d’août 2022) mais tout indique que tous les objectifs seront atteints et même dépassés. Le taux de satisfaction et d’achalandage est élevé et l’été est (fut) exceptionnel malgré la pandémie», souligne-t-il. Il ajoute que même si l’année 2019 constituait un record avec les onze millions de touristes que Montréal a accueilli, cette saison touristique demeure malgré tout une année record même avec les nombreuses contraintes. «Tous les festivals ont eu lieu sans problème et il y a même eu de nouveaux événements, preuve de la résilience du centre-ville et de Montréal», mentionne M. Castanheira.

Festival International de Jazz © Eva Blue  - Tourisme Montréal

L’unicité de Montréal

Pour toutes les personnes interrogées, l’unicité de Montréal et sa force d’attraction sont des éléments qui lui ont permis de connaître une saison touristique exceptionnelle malgré les circonstances. Du côté de Diane Langlois, elle se dit satisfaite de constater que Montréal occupe toujours le rang de première ville en Amérique du Nord au chapitre des conférences internationales. «Malgré la pandémie, le Palais des congrès a continué d’accueillir des touristes de partout dans le monde. L’année dernière, nous étions la destination numéro un pour les conférences internationales et nous le sommes encore cette année», explique la vice-présidente aux Affaires publiques et relations gouvernementales. Elle ajoute que cet état des lieux pousse la CCMM à vouloir agrandir le Palais des congrès et à augmenter la capacité des conférences afin que Montréal conserve sa place comme destination de choix au plan du tourisme d’affaires.

Cet avis est partagé par Glenn Castanheira, pour qui Montréal est la destination en Amérique du Nord pour le tourisme d’affaires. «Le centre-ville de Montréal a un produit d’exception en Amérique du Nord: d’un point de vue de tourisme d’affaires, on est la capitale nord-américaine à ce chapitre. En plus du tourisme d’agrément, […] nous sommes une capitale du savoir et on a une réputation d’être une ville accueillante et ouverte, ce qui n’est pas le cas partout», affirme M. Castanheira. Le directeur exécutif de la SDC Montréal centre-ville spécifie également que l’unicité de Montréal en Amérique du Nord provient de sa réputation de métropole sécuritaire et propre. «Les cerveaux et les gens d’affaires recherchent un milieu sécuritaire. Il y a certains endroits en Amérique du Nord où dire le mot «gai» est très mal vu, ce qui n’est pas du tout le cas ici. La ville est propre et surtout sécuritaire malgré les histoires croissantes de violence véhiculées dans les médias», insiste M. Castanheira.

Quant à Mario Lafrance, ce dernier souligne que la priorité pour la SDC du Vieux-Montréal était, et demeure toujours, de s’occuper des gens qui travaillent et vivent dans le quartier. Le directeur général précise que c’est justement en s’occupant de ses membres et de leur qualité de vie dans ce quartier unique que les touristes pourront bénéficier d’une expérience plus positive. «Notre mission est de nous organiser pour le développement commercial et économique du quartier. Il est certain que le volet touristique est un des volets contribuant au succès commercial de plusieurs commerces mais il est important de ne pas prioriser le tourisme au détriment des gens qui y habitent. Le Vieux-Montréal est condamné à être touristique, mais il demeure un quartier humain avant tout même avec la reprise du tourisme», insiste M. Lafrance, qui se dit d’ailleurs heureux de rencontrer les touristes sur les trottoirs et sur les places publiques.

Pour Yves Lalumière, Montréal constitue «le terrain de jeux du Canada». Il explique: «On a une clientèle de tous âges, que ce soit des jeunes familles ou des touristes d’agrément ou d’affaires. Nous nous sommes toujours diversifié et on a toujours investi sur différents marchés. Les festivals étaient au rendez-vous cette année avec Osheaga qui était à 90% de capacité et le Grand Prix de F1 qui a été un record cette année au niveau des retombées économiques», insiste M. Lalumière. Le président-directeur général de TM est également optimiste par rapport à la reprise dans le domaine de la gastronomie et de la restauration de Montréal, étant une des forces qui rend Montréal particulièrement intéressante pour le tourisme. «La restauration, qui fait le charme de Montréal, est en train de se relever. On aimerait certainement que les gens reviennent travailler en ville pour faire vivre les petits commerçants et les restaurants qui rendent notre ville unique», conclue Yves Lalumière à ce sujet.

Plusieurs projets étaient et sont toujours au rendez-vous pour Tourisme Montréal afin de diversifier et colorer l’expérience touristique montréalaise. Yves Lalumière est enthousiaste par rapport à certains projets qu’il ne manque pas de décrire. «Les «murelles», c’est-à-dire les murales dans les ruelles, sont des éléments faisant partie de notre projet de destination harmonieuse. On veut s’assurer que les gens visitent, certes, mais qu’ils vivent Montréal. Cela passe par l’illumination des espaces publics et par les murales un peu partout. D’ailleurs, une murale de Riopelle sera illuminée prochainement, donc soyez à l’affût de cette nouvelle création», ajoute-t-il. 

Les Francos © Eva Blue  - Tourisme Montréal

Les priorités pour l’avenir

La question de la main-d’œuvre demeure une priorité pour les différentes organisations commerciales. Une des solutions préconisées par la CCMM dans son mémoire présenté le 1er août dernier au ministre du Tourisme et ministre associé des Finances du Canada, Randy Boissonnault, est l’accélération de la délivrance des visas de travail. «Dans le créneau de la main-d’œuvre, nous voulons accélérer la délivrance des permis de travail. Il faut que les différents paliers gouvernementaux communiquent et agissent en partenariat pour permettre à des travailleurs étrangers d’entrer plus rapidement sur le marché du travail et combler les besoins de l’industrie touristique», explique Diane Langlois sur ce point. 

Cet avis est partagé par Mario Lafrance qui affirme que la pénurie de main-d’œuvre représente un heureux dilemme, mais un dilemme malgré tout. «Il est certain que cette année est un retour à la normale. Les hôtels sont pleins, les bureaux d’affaires se remplissent et il faut voir la parade des gens qui arrivent au travail le matin pour s’en rendre compte. Ce retour à la normal n’est pas ce qu’il était autrefois, mais il a quand même engendré un problème de main-d’œuvre puisque l’offre ne peut pas répondre à la demande», souligne le directeur général de la SDC du Vieux-Montréal pour qui il est préférable de voir des défis du côté de l’offre que de la demande.

Du côté de la SDC Montréal centre-ville et de son directeur exécutif, le nerf de la guerre est de conserver le momentum actuel. Pour y arriver, Glenn Castanheira souligne que la priorité est de faire en sorte que Montréal maintienne son statut de ville propre et sécuritaire. «Notre organisation veut intervenir là où on peut faire une différence. La priorité numéro un est de maintenir le sentiment de sécurité et de propreté du centre-ville. Ça se perd en un claquement de doigts et toute autre initiative serait en vain puisque la réputation de la métropole en serait affectée», explique-t-il. À cela s’ajoutent d’autres aspects prioritaires, notamment assurer la meilleure expérience possible grâce à l’illumination et l’animation hivernale, ainsi que la cohabitation avec les populations marginalisées. Pour Yves Lalumière, le marché américain est très important pour le tourisme de la métropole, souligne-t-il, tout en spécifiant que les chiffres concernant le trafic aérien et le tourisme international sont encourageants. 

Une autre priorité pour la CCMM est de renforcir l’image de marque du Canada et de Montréal comme destinations de choix touristiques et de miser sur les forces qui créent l’unicité de chaque endroit. Diane Langlois complète ainsi: «Il faut miser sur les forces de notre pays et de Montréal pour attirer davantage de visiteurs de l’extérieur. Montréal est très bien positionné comme destination; elle demeure une ville choisie des touristes d’agrément ou d’affaires. Notre rôle est de promouvoir le Grand Montréal et ses accès stratégiques et quand on parle de facture positive, ces éléments ressortent et Montréal demeure un pivot pour le tourisme national et international».

Bannière principale: Les Francos © Eva Blue  - Tourisme Montréal

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Échos Montréal

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