Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

À l‘aube de l’élection provinciale, notre équipe s’intéresse à son impact sur le marché immobilier. L’accès au logement est un sujet sur toutes les lèvres des partis politiques et plusieurs promesses et stratégies ont été proposées. Loin de nous l’idée de diriger l’opinion publique vers un parti ou un autre, mais ça ne nous empêche pas de présenter les modèles respectifs en bref accompagnés de certains commentaires. (En ordre de grandeur de candidats à l’Assemblée nationale).

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CAQ

À ce jour la CAQ est restée vague sur ses plans pour pallier à la situation de la crise du logement, d’ailleurs sans même confirmer que c’est nécessairement une réalité. Entre autres, le parti s’est engagé à construire 11 700 logements abordables et à en subventionner 7 200 de plus. 

Parti libéral du Québec

L’opposition à la CAQ a une des plateformes avec le plus de pages. Pour pouvoir augmenter l’accessibilité au logement, le PLQ a deux points majeurs parmi tant d’autres, soit d’éliminer la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs et d’augmenter la limite du RAP de 35 000$ à 50 000$. Les flips seront aussi plus réglementés, les logements vides des non-résidents seront taxés et le parti s’engage à construire 50 000 unités de logement à faible coût. 

Québec solidaire

QS désire aussi comme son confrère le PLQ construire 50 000 unités avec la spécificité d’un axe d’écoénergie dans la construction et une attitude multiculturaliste. Le parti désire également augmenter le contrôle sur la spéculation immobilière et sur l’utilisation des logements à des fins touristiques, tout en rajoutant une taxe de 0,5% à 1% sur les logements vacants (aucune précision si pour les non-résidents ou tous les propriétaires selon la plateforme).

Parti québécois

Le PQ lui désire encadrer le droit de se loger, mettre en place un registre national des loyers, créer de nouvelles normes pour la construction de projets intergénérationnels et aider les municipalités à acheter des terrains pour la construction de logements. 

Parti conservateur

Pour finir, le Parti conservateur a une approche tout à fait différente, avec laquelle il désire plutôt libéraliser le marché de l’immobilier du Québec. Il est convaincu qu’en le libéralisant, la construction des logements à loyers modérés augmentera rapidement et naturellement. Le PC cherche plutôt à supprimer des règles concernant la fixation et la révision des loyers tout en en rajoutant la possibilité des dépôts de sécurité et en s’opposant au registre des baux. Pour aider la situation, ils veulent principalement augmenter l’allocation-logement. 

Il est certain que les partis ont des points de vue différents et la majorité est d’accord pour dire qu’il y a un problème d’accès à la propriété. La construction des logements à loyers  modiques semble être un thème populaire, mais je trouve que cette solution délaisse particulièrement les millénariaux professionnels qui eux voudraient pouvoir acheter une propriété. Toute cette génération ne peut pas se permettre un bien immobilier, car les salaires n’augmentent pas assez pour compenser pour le coût de la vie et les prix immobiliers. 

Même si le RAP augmentait, sans le salaire en conséquence et une baisse de l’inflation, les jeunes ne peuvent même pas accumuler la mise de fonds. La suppression de la taxe de bienvenue peut faire une différence mais encore là, un taux d’intérêt et une valeur marchande élevés sont des coûts qui affectent bien plus l’achat d’une propriété. Nous entendons partout que les partis politiques mettent de l’avant la crise du logement et l’accessibilité à la propriété, mais selon moi, il ne semble pas y avoir de mesures planifiées pour rectifier le fond du problème.  

Peu importe le parti que vous supportez, allez voter!

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Michèle Bouchard