L’année 2020 fut bizarre et frustrante à bien des égards, et surtout souffrante pour beaucoup de commerces. Des industries entières ont été mises à genoux, quantité de secteurs économiques ont été douloureusement affectés. Pourtant, un domaine semble s’en être beaucoup mieux sorti que les autres, et c’est l’Immobilier, notamment à Montréal.

En effet, malgré la pandémie du nouveau coronavirus, malgré le ralentissement économique et malgré le chaos incessant des travaux de voirie mal planifiés qui pullulent dans notre métropole, le marché de la revente immobilière roule plus rondement que jamais à Montréal, tandis que son offre immobilière profite d’un intérêt exceptionnel auprès des acheteurs. Ce n’est pas entièrement une surprise. À l’encontre de l’avis de plusieurs experts immobiliers qui envisageaient une période difficile prolongée du marché et prévoyaient des jours sombres à l’horizon, nous estimions au contraire dès les premiers temps de la pandémie que celle-ci pourrait plutôt paradoxalement avoir un certain effet «boost» sur l’envie d’acheter des investisseurs. 

Il faut quand même se souvenir que l’immobilier venait de connaitre une année record en 2019, et que l’on surfait sur une période exceptionnelle de 61 mois consécutifs avec un niveau de transactions en hausse, une incandescence du marché due à plusieurs facteurs, dont la qualité de vie à Montréal, son parc immobilier diversifié et attractif, des taux hypothécaires avantageux depuis plusieurs années, le tout à des tarifs relativement très abordables en comparaison avec la majorité des autres centres urbains de densités démographiques similaires en Amérique du Nord.  

De sorte que lorsque la pandémie a frappé de plein fouet au mois de mars passé avec mesures de confinement et de restrictions commerciales, cela a tout mis en pause à l’échelle planétaire mais cet impact massif n’aura au final été ressenti que pendant environ un mois et demi sur la santé du marché montréalais. Dès la fin du mois d’avril, début mai, les transactions reprenaient et semblaient même vouloir augmenter, comme en rattrapage du temps perdu. 

Et depuis, signe que le dynamisme et la bonne santé de son marché immobilier ne constituent pas une sorte de «bulle immobilière» comme le redoutaient certains mais qu’ils témoignent en fait d’une tendance de fonds, Montréal continue ponctuellement de battre des records, par exemple au chapitre des ventes résidentielles, dont les chiffres déjà excellents en 2019 ont connu une nouvelle hausse vertigineuse de quelque 40% en 2020.  

Tout aussi remarquable est que cette effervescence transactionnelle se produit alors que les prix médians des inscriptions tant pour les maisons unifamiliales que pour les copropriétés ont connu une hausse constante au fil des mois. Outre son attractivité, pour toutes les raisons précédemment énumérées, cette qualité de l’offre immobilière propre à Montréal se conjugue en parallèle à une diminution de son volume disponible.  

C’est peut-être même le seul bémol à souligner dans la situation présente: depuis quelques mois on manque d’inscriptions disponibles à la vente, d’une part en raison d’une certaine réserve affichée par les propriétaires en cette période de pandémie et alors que la pénurie de logements disponibles doit aussi être gardée à l’esprit si on se départit de son habitation; et d’autre part en raison d’une diminution des mises en chantiers pendant le ralentissement pandémique. 

Conséquemment, dans un marché très favorable aux vendeurs en 2020, les acheteurs potentiels se sont plus que d’habitude précipités sur les propriétés disponibles dans la métropole, au point où on a même pu fréquemment assister cette année à une surenchère sur les prix affichés pouvant aller jusqu’à un «boost» de 15%!. Dans la même foulée frénétique, les délais de vente eux, ont pulvérisé aussi des records de rapidité historiques, passant à seulement deux mois en moyenne nécessaires pour vendre presque tous les types d’inscriptions, à un simple mois et demi depuis cet automne, particulièrement pour les copropriétés, très prisées!  

En bref, comme nous le mentionnions d’ailleurs le mois passé: même une fois écartés les artifices de rendement et les girations volatiles du marché immobilier, le constat demeure ; grâce à ces conditions avantageuses et abordables, tout autant pour les nouveaux propriétaires résidentiels que pour les investisseurs, Montréal est plus en demande que jamais sur la scène immobilière. 

Il est donc à prévoir que cette vague de fonds devrait se poursuivre en 2021. Certes on assistera peut-être à un léger rééquilibrage des prix par rapport à cette année haussière, mais assez minime. Il faut noter à la base qu’un réajustement partiel des prix était prévisible depuis longtemps, alors qu’il en coûtait près de 2,5 fois plus cher pour l’achat d’une propriété à Toronto, et presque 3 fois plus cher à Vancouver! 

Comme par ailleurs on estime que le nombre de chantiers demeurera probablement baissier pour la première moitié de l’année 2021, les données de ventes y demeureront vraisemblablement similaires à 2020. Également, à l’instar de la recrudescence d ‘intérêt pour les locations à longs termes que l’on a constatée en 2020 devant la vulnérabilité soudaine du marché locatif, la tendance accrue d’intérêt pour les achats de  copropriétés observée cette année devrait se confirmer l’an prochain, alors que la situation pandémique a recentré plus que jamais l’échelle de valeurs sur l’importance d’avoir son chez-soi, l’accès à la propriété, particulièrement dans un contexte où le télétravail partiel semble s’inscrire dans la nouvelle dynamique professionnelle des prochain(e)s mois /années. γ

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Francois Di Candido

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