Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

Alors que nous avons maintenant le retour du beau temps et que les mesures sanitaires se sont graduellement estompées au sortir de deux années qui ont vu la popularité immobilière atteindre les sommets, faisons un petit survol statistique du Marché immobilier à Montréal.

Pour l’année 2021, selon les publications de l’APCIQ pour le marché immobilier de la région de Montréal, les chiffres ont été les suivants: pour les unifamiliales les prix ont augmenté de 24% par rapport à 2020; pour les condos les prix ont augmenté de 18% par rapport a 2020; les prix des multiplexes quant à eux ont augmenté de 12%. 

Comme vous pouvez le constater, les prix du marché immobilier ont explosé en 2021. La tendance continue, car le nombre d’inscriptions en vigueur (les propriétés à vendre), toujours selon l’APCIQ, a baissé de 21% en 2021 et la tendance se maintient en 2022. 

Pour les propriétaires et les acheteurs de maisons et d’appartements, j’entends toujours les mêmes questions: est-ce que c’est le temps de vendre? Est-ce que c’est le temps d’acheter? 

Ma réponse est toujours la même : prenez votre décision en fonction de votre situation personnelle (capacité de financement…) et non en fonction du marché immobilier. 

Il est difficile de prévoir ce qui va se passer en 2022 et dans tous les cas un investissement immobilier doit s’évaluer sur le long terme. Sachez cependant qu’une étude d’Oxford Economics, leader mondial dans le domaine des prévisions économiques, prévoit une baisse de 24% avant la moitié de 2024. 

Cette baisse devrait commencer cet automne compte tenu des hausses de taux d’intérêt et des mesures prises contre la spéculation immobilière. 

Par ailleurs, Oxford Economics prédit, même si c’est peu probable, un crash de 40% si les mesures pour faire baisser les prix ne sont pas suffisantes. 

Douglas Porter, chef économiste de la BMO, de son côté, a une opinion intéressante. Contrairement à la majorité des gens, il considère que les prix dans l’immobilier ont explosé, non pas à cause d’un problème d’offre insuffisante de propriétés à vendre, mais de la politique monétaire de la banque centrale canadienne. 

Cette dernière a adopté, pour lutter contre la situation due au Covid et faciliter la croissance économique, une politique monétaire très généreuse avec des taux d’intérêt très bas. Cette politique a stimulé la demande et c’est son opinion que ceci a fait augmenter les prix. Il fait très justement remarquer qu’on peut observer le même phénomène dans d’autres pays (Australie, États-Unis, Hollande …). 

De plus, une enquête de la RBC publiée en mars 2022 fait ressortir que les intentions d’achat des Québécois retournent à la normale en étant proches de celle de janvier 2020: 

un répondant sur cinq (20%) a déclaré qu’il va probablement acheter une maison d’ici deux ans, comparativement à 36% en 2021 et à 19% en 2020. 

Le seul problème actuel à intégrer pour les acheteurs est que les surenchères continuent à régner sur le marché immobilier. Ce qui est bizarre c’est que la bourse en 2021 a connu des performances semblables avec des rendements autour des 20% selon les actions. En revanche, en 2022 les prix immobiliers continuent d’augmenter alors que le marché boursier est très volatil et plutôt à la baisse. L’augmentation des prix concerne maintenant tout le monde et pas seulement les acheteurs de propriétés immobilières. 

On prévoit une inflation de 5% environ pour l’année 2022. Certains observateurs pensent même qu’elle pourrait être supérieure. 

Pour lutter contre l’inflation, la banque centrale canadienne a augmenté son taux directeur pour la première fois depuis 2 ans en mars 2022 de 0,25% pour le fixer à 0,50%. Ce taux pourrait aller jusqu’à 3% au premier trimestre 2023. 

Attention donc à l’augmentation des taux hypothécaires qui va en découler! Si vous êtes à taux variable, changez pour un taux fixe.

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Michèle Bouchard