Les conclusions catastrophiques du 6e rapport du GIEC invitent à passer à l’action sans délai afin de réduire autant que possible les conséquences du réchauffement climatique. Bien sûr, certaines mesures nécessitent des politiques publiques ambitieuses. Mais, individuellement, certaines actions peuvent aussi avoir un impact significatif… comme changer son pommeau de douche! Denis Boyer, coordonnateur en efficacité énergétique pour l’organisme montréalais Écohabitation, propose quelques astuces efficaces, sans diminution de la qualité de vie.

Fini le pommeau de douche énergivore 

Un pommeau à faible débit permet de réduire d’environ de moitié la consommation d’eau chaude, sans aucune perte de confort pour l’utilisateur. «C’est intéressant, car cela ne coûte vraiment pas cher», glisse M. Boyer. Son faible coût, entre 10$ et 50$, en fait d’ailleurs un investissement particulièrement rentable financièrement et écologiquement. M. Boyer explique qu’un pommeau efficace permet de passer d’une consommation de 10 litres d’eau par heure à environ 5 litres, soit autant de litres d’eau qui ne devront pas être chauffés pour rien. «Ça prend beaucoup d’énergie pour chauffer de l’eau à environ 4 degrés jusque 38 degrés», fait remarquer M. Boyer qui pointe aussi la diminution de la consommation d’eau. 

À noter qu’il y a, à Montréal, un programme de distribution gratuite de pommeaux de douche à faible débit pour les faibles revenus, votre écoquartier pourra vous en dire davantage.

Un système de chauffage propre comme un sou neuf

Denis Boyer explique qu’il est important d’entretenir son système de chauffage au mazout ou au gaz. Par exemple, «un système au mazout moderne va avoir une efficacité d’au moins 80%, ça veut dire qu’au 80% de l’énergie du mazout va se transformer en chaleur pour chauffer la maison et 20% s’en vont par la cheminée», explique M. Boyer. Or, quand le système n’est pas au point, l’efficacité peut diminuer jusqu’à moins de 60%, donc 40% de perte! «Ça aide l’environnement et notre portefeuille, ça ne coûte pas très cher de faire l’entretien par rapport aux économies générées».

Le coordonnateur en efficacité énergétique précise toutefois que cette mesure est «moins pertinente» pour le chauffage électrique.  

© Courtoisie

 

Ne PAS baisser le chauffage la nuit

M. Boyer admet que certains recommandent de baisser le chauffage la nuit, mais, selon lui, «ce n’est pas une bonne stratégie», car cela diminue le confort thermique. « Si on diminue le thermostat à 17 degrés pour la nuit alors qu’il est à 21 la journée, les murs, le sol et les meubles vont aussi perdre de la chaleur. Lorsqu’on augmente le thermostat le matin, la température de l’air va augmenter rapidement mais pas celle des murs», explique-t-il. Cette différence crée un inconfort, malgré le fait que le thermostat indique la bonne température: il devient alors tentant d’augmenter le thermostat. «Le confort thermique est plus influencé par la température de ce qui nous entoure plutôt que celle de l’air», explique-t-il. Dès lors, si on baisse le thermostat la nuit, il importe que l’écart de température du thermostat entre le jour et la nuit ne soit pas trop élevé. 

Outre le fait de ne pas se priver de mettre un bon chandail, M. Boyer pense qu’une meilleure stratégie revient à baisser progressivement le thermostat pour trouver la bonne température le plus basse possible qui reste confortable, tout en consommant le moins possible. 

M. Boyer fait également valoir que ne pas trop jouer avec le thermostat permet de limiter les périodes de pointe énergétique matinale d’Hydro-Québec. «Tôt le matin, tous les systèmes de chauffage repartent pour réchauffer les maisons. On crée une pointe de façon artificielle.»

Traquer les fantômes dans la maison

Les charges fantômes n’ont l’air de rien : un petit point rouge par-ci, un chargeur branché par-là… «Par exemple, ce sont tous les appareils qui sont en attente, comme un téléviseur ‘éteint’ qui reste en fait en veille en attendant qu’on pousse sur le bouton de la télécommande pour l’allumer».

M. Boyer est formel: «c’est de la consommation d’énergie qui ne sert à rien». Pire encore, ces intrus énergétiques se transforment en chaleur dont on se passerait bien durant l’été. Pour M. Boyer, c’est d’autant plus important de réduire, voire d’éliminer, les charges fantômes en été lorsqu’il y a de la climatisation. En effet, cela crée une double dépense énergétique. «On paie pour chauffer pour rien et on paie une deuxième fois pour enlever cette chaleur».

Davantage d’informations et d’astuces sont disponibles sur le site d’Écohabitation: ecohabitation.com. 

À propos de l'auteur

Coralie Beaumont