Nous connaissons la tourmente dans laquelle se trouvent les journaux papier, qui font face à la concurrence des géants d’internet de ce monde, comme le réseau social Facebook ou Google, qui offrent des nouvelles instantanées, mais une information qui manque souvent de crédibilité. D’ailleurs, un sondage de la firme The Gandalf Group, réalisé en 2014 sur plus de 1275 adultes au Canada, indique que, aux yeux des lecteurs, même les annonces publicitaires semblent plus crédibles et vraies  lorsqu’elles sont publiées dans les journaux papier que lorsqu’elles apparaissent dans tout autre média, internet arrivant en dernière position.

La fermeture de nombreux journaux compromet l’information d’enquêtes locales, faute de moyens financiers, brimant de fait les citoyens de nouvelles pertinentes. On a qu’à songer aux différentes enquêtes déclenchées à la suite de révélations journalistiques qui ont contribué à la sauvegarde démocratique, révélations que certains élus auraient aimé laisser en sourdine. On se souviendra ainsi du scandale des commandites, ou encore des cadeaux offerts à la compagnie Bombardier, dont les dirigeants se sont attribué de généreuses compensations.

Pour les journaux locaux et communautaires, qui sont édités et distribués gratuitement, les gouvernements indiquent qu’ils sont essentiels, car ils représentent la seule source d’information locale. Ils affirment cela tout en coupant la publicité, devenue quasi inexistante, alors qu’elle est pourtant une sources de revenus vitale. Pendant ce temps, Google, Facebook et autres géants d’internet obtiennent 75% des revenus publicitaires et ne laissent que des miettes aux journaux papier.

La perspective est encore plus sombre si l’on tient compte du pouvoir de taxation qui passe par l’organisme RecyleMédias, qui n’est qu’un instrument politique dont les gestionnaires ne représentent que les grandes compagnies de l’imprimerie, comme Transcontinental et Québecor. D’ailleurs en 2017, on a voté pour englober les journaux de type tabloïd, produisant de 3 à 15 tonnes, dans le paiement de la taxe au recyclage du papier, alors qu’ils en étaient auparavant exemptés. Par chance, s’agissant d’une année préélectorale, le gouvernement a refusé cette proposition.

Par ailleurs, il faut remettre en question la procédure d’élection des membres du conseil d’administration de RecycleMédias, qui se fait en catimini à Montréal, sans impliquer la très grande majorité des journaux, du fait de leur éloignement géographique. Il serait plus pertinent de changer ce processus qui n’est pas représentatif, car il est dirigé en grande partie par les marchands de papier.

Actuellement, le montant demandé aux journaux qui dépassent 15 tonnes est de 3000$ par année, dont une partie sous forme de publicité pour RecycleMédias, le contrat publicitaire de deux ans ayant été donné par le gouvernement à l’agence Challenge Média.

Le nouveau gouvernement du Québec se doit d’intervenir, d’autant plus que cette taxation est déjà perçue plusieurs fois par les papeteries, les imprimeurs et les journaux. L’intervenant RecycleMédias ne fait que contribuer au déclin des journaux de quartier, et ce, d’autant plus que le tonnage récupérable a baissé de 145 à 45 tonnes annuelles.

Enfin, il est impératif que le gouvernement respecte son engagement d’un placement publicitaire de 4% pour les médias communautaires, engagement qui contribuait par le passé à aider à offrir aux citoyens des nouvelles de leur quartier, grâce au concours de bénévoles qui donnent une crédibilité supplémentaire à notre système démocratique.

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Vincent Di Candido

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