Michèle Bouchard
Collaboration spéciale

Elodie Bouchard
Collaboration spéciale

 

La vie est constamment en changement et même si les êtres humains ne sont pas les plus ouverts au changement, ils ne préfèrent pas plus la routine. Depuis le début de l’été, la question que mon équipe reçoit le plus souvent est la suivante: «me semble que le marché ralentit, qu’il a changé.?, est-ce que je me trompe ou c’est vrai?».

Après, la formule et la syntaxe varient, mais le fond est le même et la réponse est «oui», tout à fait, le ralentissement se fait ressentir partout. 

Il y avait longtemps que nous n’avions pas entendu les acheteurs voulant faire une offre, changer d’avis parce que le taux d’intérêt est trop élevé. Des clients visitent des appartements, expriment vouloir faire une offre et dans les quelques jours suivants, changent d’avis, car leur banque leur prête à 5% au lieu de 2% ou 3%. Sur une hypothèque de 300 000$, ce changement de taux (en gardant les autres variables constantes) représente 1270$ environ pour 2% et 1744$ pour 5%. Ça change vite le budget. 

Ensuite, durant la pandémie, les courtiers se battaient dents et ongles pour obtenir des inscriptions. Bien qu’elles aient été rares, si un courtier mettait la main sur une inscription bonne ou même de catégorie moyenne, la vente était presque assurée. Ces jours-ci, les inscriptions peuvent rester sur les étalages plusieurs semaines, et le resteront probablement pendant des mois. Le gouvernement du Canada, voulant contrôler la surchauffe des prix et l’inflation par la hausse des taux d’intérêt, a réussi son coup royalement. 

La pandémie a forcé les courtiers, vendeurs et acheteurs à réapprendre comment faire des transactions et maintenant une nouvelle période d’adaptation fait son apparition. Les vendeurs qui se réjouissaient à l’idée de vendre leur bien en surenchère ou au moins 15 000$ ou 30 000$ de plus, et ce dans un laps de temps record vont devoir revenir sur terre, car le marché n’est plus du tout à la même étape et que maintenant la patience est de mise et la négociation à la baisse est de retour. Les acheteurs pourront se réjouir, car même si leur taux est plus haut, au moins les prix planifient de descendre.

Les courtiers vont devoir expliquer à leurs vendeurs que si leur bien n’est pas vendu immédiatement, ce n’est pas de leur faute, mais bien le marché qui s’est rajusté. Tout le monde va enfin pouvoir souffler un peu. Finalement, ceux qui ont acheté pendant la pandémie regardent probablement le marché avec une légère hausse de stress. Pensant qu’ils ont payé trop cher et que leur hypothèque renouvelable prochainement fera mal, ils ont des regrets, mais sur le long terme, ils ne seront pas perdants.

Soyons tous patients l’un envers l’autre, les années passées ont été difficiles et soyons ouverts à ces nouveaux changements. Vendeurs, laissons donc un peu la chance aux acheteurs!

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Michèle Bouchard