Après des années de poursuites sur un dossier dormant sur les tablettes, il y a enfin eu un verdict rendu concernant la plus grosse histoire de fraude et corruption ayant éclaboussé le Canada et en particulier le Québec de l’ère Couillard. On parle ainsi d’un contrat totalisant 1.4 milliard  de dollars pour la construction du Centre universitaire de santé Mc.Gill (CUSM), obtenu par SNC-Lavalin, dont le président de l’époque Pierre Duhaime était sous le coup en 2012 de 16 chefs d’accusation pour complot avec d’autres personnes et pots-de-vin, incluant le gestionnaire de l’hôpital, Arthur Porter et sa femme qui, après le décès de ce dernier, fut reconnue coupable d’avoir obtenu une somme de 22 millions de dollars en 2010, versée à son défunt mari et placé aux Bahamas sous la compagnie prête-nom SAM.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’un autre dirigeant du CUSM, St. Clair Armitage, a fait appel à Yanaï Elbaz, qui a été reconnu coupable et écopé de 39 mois de prison. Il convient aussi de se rappeler que la Commission Charbonneau, après avoir entendu différents témoins, indiquait que c’était alors le pire scandale de corruption au Canada.

Malgré ces preuves et les 16 chefs d’accusation, l’ancien président de SNC-Lavalin Pierre Duhaime, qui a aujourd’hui 65 ans, n’a reçu qu’une petite tape sur le dos, écopant de 20 mois, dont 7 fermes à rester dans sa résidence de 1 million $ ainsi que d’une amende de 200 000 $ à verser au Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). Avouez que pour un contrat obtenu grâce au maquillage de 1,4 milliard de dollars, monsieur Duhaime avait des raisons de sourire en sortant du tribunal.

Ce jugement bonbon n’est certainement pas étranger aux allégations sur une possible intervention du bureau de notre premier ministre Justin Trudeau à l’endroit de l’ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, destituée de son ministère pour n’avoir pas coopéré à la demande d’influencer le juge afin d’adoucir l’accusation de fraude sur SNC-Lavalin, qui avait comploté avec monsieur Porter afin d’obtenir le juteux contrat de 1,4 milliard de dollars.

Bien entendu, les avocats de monsieur Duhaime prétendent que c’est un verdict raisonnable, car il s’agissait d’une « erreur de jugement ». Demandez aux citoyens s’ils peuvent en dire autant, quand on sait le prix salé à payer pour avoir fraudé au gouvernement ne serait-ce que quelques centaines de dollars. Il semble certes y avoir une justice pour les modestes et une autre, beaucoup plus complaisante, pour les riches.

 

Photo bannière : Centre universitaire de santé Mc.Gill (CUSM), crédit photo: Jean Gagnon_Wikimedia

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Vincent Di Candido

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