Depuis le départ de l’actuel maire du Plateau Mont-Royal, Luc Ferrandez, de la chefferie de l’opposition municipale Projet Montréal, force est de constater que ce parti semble complètement absent de la scène politique montréalaise.

Pourtant, les sujets d’actualité ne manquent pas, ils auraient l’embarras du choix parmi les nombreux dossiers chauds dans lesquels ils pourraient s’impliquer.

 

Il suffit par exemple de s’attarder aux irritants majeurs et aux graves cafouillages survenus dans la gestion de la dernière tempête de neige, notamment sur l’autoroute 13 où des gens ont été immobilisés pendant une nuit entière dans leur véhicule. Cette dizaine d’heures des plus chaotiques a même mené à des morts d’hommes ! Comment se fait-il que seul le maire Coderre ait adressé la situation dans les médias ?

 

Et que dire de l’accoutrement ridicule des policiers, une situation qui prévaut depuis trois ans et qui continue d’embarrasser l’image de notre ville, et par surcroit lors d’une année aussi charnière que celle du 375e anniversaire de Montréal ?

Cet habillement clownesque ne serait toléré dans aucune autre métropole du monde, mais qu’en a à dire l’opposition municipale ? Encore là, silence radio.

 

Idem en ce qui concerne le dossier litigieux des taxis envers la multinationale Uber, où tout un chacun se croit justifié de se comporter comme un délinquant et d’aller à l’encontre des lois. Ou bien en ce qui a trait à la crise des logements à loyers modiques, deux dossiers chauds au sujet desquels Projet Montréal semble éprouver la même réticence à faire des vagues médiatiques. Faut-il donc rappeler à ces derniers que c’est pourtant là le travail principal et essentiel des partis d’opposition ? Servir de garde-fous aux partis gouvernants et prendre position sur les sujets d’actualité.

 

Paraissant embourbée dans la structure de sa formation, la nouvelle chef de Projet Montréal, Valérie Plante, fait pour l’instant piètre figure face à un maire Coderre contre lequel elle ne fait clairement pas le poids. Son manque d’assurance transparait dans toutes ses communications et elle ne semble en outre pas bien connaître les dossiers d’actualité. Elle se contente au contraire de commentaires sommaires, rabâchant des lieux communs et répétant les énoncés de la presse ou les analyses en demi-teintes faites par l’équipe du Maire à l’hôtel de ville.

 

Il est possible que son cheminement passé en dehors de l’arène politique ne lui ait pas donné les armes nécessaires pour affronter un adversaire politique aussi redoutable et expérimenté que le maire Denis Coderre. Mais si c’est le cas, elle devrait au moins avoir l’intelligence de s’entourer de personnes compétentes dans la préparation des dossiers. Une meilleure implication de sa part dans le communautaire serait également primordiale.

 

Bien sûr son cheminement professionnel lui a enseigné d’autres créneaux de connaissances dont elle peut aussi tirer profit sur la scène municipale. Mais avoir un bagage expérientiel diversifié n’assure cependant en rien un passage efficace et réussi dans la jungle politique, où souvent les apparences ne reflètent pas la réalité.

 

Dans un domaine aussi farouche, quand on manque déjà à la base d’instinct ou d’expérience, seuls la persévérance et un travail acharné peuvent compenser et donner des résultats. Il ne faut jamais oublier que c’est un milieu qui peut être brutal et éphémère, plusieurs chefs l’ont appris à leurs dépens. Et plusieurs formations politiques ont fini par disparaître, à défaut d’offrir aux citoyens une vraie opposition digne de ce nom. Or, on peut d’ores et déjà avancer que ce sera le cas pour le parti Projet Montréal s’il continue de se contenter d’exister…

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Vincent Di Candido

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