Avec des résidents toujours plus nombreux, Montréal est victime de son succès. Le réseau de transports publics ne suffit plus à absorber les flux croissants des Montréalais ainsi que des touristes. Du fait de la raréfaction des logements dans le centre-ville et du coût de ceux-ci, de plus en plus d’habitants n’ont d’autres choix que de s’éloigner vers des secteurs qui ne sont pas toujours très bien desservis et dont les temps d’attentes en transports en commun sont considérables. Il était donc évident pour la métropole d’en faire une priorité lors du détail du plan d’action stratégique du centre-ville. Richard Bergeron, membre du comité exécutif et responsable dudit plan, y déclare d’ailleurs que « le présent plan d’action propose des gestes tangibles d’ici 2030 afin d’agir sur plusieurs fronts dont notamment la bonification du réseau de transport collectif desservant le centre-ville, l’ouverture sur le fleuve, l’aménagement de quartiers accueillant des familles et offrant des écoles de qualité ».

Ainsi, ce ne sont pas moins de trois projets de grande ampleur liés au développement du réseau de transports en commun qui sont sur la table.

 

Un REM pour rapprocher les régions

À la fois écologique et avant-gardiste, le Réseau électrique métropolitain (REM) est sans nul doute le projet de transport le plus abouti et ambitieux pour Montréal. Tantôt au niveau du sol, tantôt souterrain et parfois même par moment aérien, les lignes du REM s’adapteront à toutes les situations afin de relier la Rive-Sud à Deux-Montagnes, en s’arrêtant respectivement aux lignes orange, verte et bleue, via les stations Bonaventure, McGill et Édouard-Montpetit.

L’Ouest de l’île sera connecté, avec une couverture jusqu’à Sainte-Anne-de-Bellevue. Tout naturellement, l’aéroport Montréal-Trudeau ne sera pas oublié, ce qui réjouira bon nombre d’usagers du bus 747 qui, malheureusement, compte des arrêts et durées de trajets relativement longs.

 

Le prolongement de la ligne bleue: un parcours qui fait jaser

Prévoyant une extension de la ligne bleue de 5 stations en direction d’Anjou, le prolongement permettra de rendre l’Est de l’île plus accessible et ainsi à ses habitants de rejoindre bien plus rapidement le centre-ville. Toutefois, le doute plane sur bon nombre de propriétaires. En effet, depuis 2014, le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des Transports (MTMDET) du Québec a effectué des réserves foncières sur environ 20 immeubles et terrains. Les propriétaires sont ainsi dans l’expectative d’une éventuelle expropriation. Cela dit, le suspense ne devrait plus perdurer très longtemps, la ville semblant aller de l’avant avec ce projet, même si pour le moment, toutes les attentions sont rivées sur le REM.

 

L’axe Nord-Sud plus rapide grâce au SRB

Aussi relégué au second rang, le Service rapide par bus (SRB), verra néanmoins bien le jour au cours des prochaines années. Ce système, jugé moins coûteux et incommodant que la construction d’un tramway, empruntera 11km du boulevard Pie-IX, partant du boulevard Saint-Martin, à Laval, jusqu’à l’avenue Pierre-De-Coubertin, à Montréal. Le SRB permettra de rejoindre plus rapidement le centre-ville depuis le Nord et devrait totaliser plus de 70 000 déplacements par jour.

Bien que le prolongement de la ligne bleue et le SRB soient actuellement relativement effacés par la vision plus lointaine et ambitieuse de la ville, matérialisée par le REM, ceux-ci deviendront pourtant réalité plusieurs années avant ce dernier. À terme, Montréal sera une véritable mégalopole où les transports en commun joueront un rôle prédominant pour permettre aux résidants de toute l’île, mais aussi des régions avoisinantes, d’être plus proches que jamais du centre-ville, et ce, de manière plus écologique.

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Crédit photos : Courtoisie CDPQ Infra

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Benoît Gaucher

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